Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la détresse sanitaire franchit un nouveau seuil critique. Depuis le début de l’année 2026, les autorités de facto du Nord-Kivu, sous l’égide du groupe armé FRN (nouvelle appellation du M23/AFC), ont instauré des directives drastiques régissant la gestion des services de santé. Loin d’améliorer l’efficacité des soins, ces protocoles administratifs paralysent le travail des professionnels de santé et des organisations humanitaires, plongeant les survivants et survivantes de violences sexuelles dans un isolement forcé.
Les restrictions imposées par le FRN instaurent un contrôle policier et physique inédit sur les corps des victimes, dénoncé de concert par les acteurs humanitaires :
En effet, les autorités de facto refusent désormais de reconnaître l’existence d’une violence sexuelle en l’absence de « signes visibles de blessures ». Cette mesure disqualifie arbitrairement une immense majorité de victimes, le traumatisme psychologique ou les agressions sans mutilation apparente étant exclus des statistiques officielles. selon eux, pour valider la matérialité de l’agression, des examens médicaux particulièrement intrusifs, humiliants et médicalement injustifiés sont systématiquement exigés.
En outre, avant même d’espérer recevoir le moindre soin médical d’urgence, les survivantes sont légalement contraintes de se présenter devant les services de police. c’est ainsi que, l’accès aux soins de santé n’est désormais toléré que pour les personnes capables de se manifester dans un délai strict de 72 heures après l’agression. Un objectif irréalisable dans une région en proie à l’insécurité chronique et aux déplacements de population.
Ces entraves directes au secret médical et à la protection ont eu un effet immédiat : une baisse massive de la fréquentation des structures médicales. Selon les données de Médecins Sans Frontières, certaines structures soutenues par l’ONG ont enregistré une diminution de 41 % du nombre de consultations pour violences sexuelles.
Cette chute des chiffres ne reflète pas une accalmie des violences sur le terrain, mais témoigne de la terreur administrative qui dissuade les victimes de chercher de l’aide. Rendre la crise invisible permet aux autorités de facto de travestir la réalité d’un fléau qui continue pourtant de ravager la province.
Face à la dégradation de la situation, la direction du FRN avait amorcé un dialogue avec les organisations internationales, débouchant en octobre 2026 sur des engagements officiels visant à lever ces restrictions.
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Un mois plus tard, le constat sur le terrain reste inchangé : aucune mesure concrète n’a été appliquée et les équipes soignantes continuent de subir des pressions quotidiennes. MSF hausse donc le ton et exhorte le commandement du FRN à traduire immédiatement ses engagements par des directives officielles claires, afin de restaurer un accès sûr, gratuit et strictement confidentiel aux soins d’urgence. Dans une crise où chaque heure compte pour éviter les infections par le VIH ou les grossesses non désirées, la bureaucratie du viol est en train de condamner des milliers de femmes au silence et à la maladie.
JAMES KABWE



























































