Les déclarations du secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, ont ravivé le débat politique en République démocratique du Congo (RDC) sur la révision de la Constitution et les craintes d’un éventuel prolongement du pouvoir du président Félix Tshisekedi au-delà de l’échéance constitutionnelle de 2028.
S’exprimant devant des militants de l’UDPS, Augustin Kabuya a expliqué que l’une des motivations du projet de changement constitutionnel serait de supprimer certaines restrictions qui empêchent actuellement le chef de l’État de prendre part aux activités de son parti politique.
Selon lui, la Constitution en vigueur érige une « barrière » entre le président de la République et les rassemblements de l’UDPS, une situation que son parti souhaite voir évoluer.
Prononcés en lingala, ses propos ont rapidement suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Pour plusieurs observateurs, cet argument renforce les inquiétudes de ceux qui soupçonnent la majorité présidentielle de vouloir engager une réforme constitutionnelle susceptible de modifier l’équilibre institutionnel actuel.
Depuis plusieurs mois, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution de 2006 occupe une place importante dans l’actualité politique congolaise. Les dirigeants de l’UDPS défendent la nécessité d’adapter la loi fondamentale aux réalités actuelles du pays, estimant que certaines dispositions sont devenues inadaptées. Augustin Kabuya avait déjà affirmé publiquement que son parti entendait « toucher » à la Constitution, tout en rappelant que plusieurs révisions constitutionnelles avaient été opérées sous différents régimes politiques en RDC.
Toutefois, l’opposition voit dans cette initiative une tentative de préparer le terrain à un maintien au pouvoir du président Félix Tshisekedi.Plusieurs leaders politiques, dont Martin Fayulu, Delly Sesanga et d’autres figures regroupées au sein de la Coalition Article 64 (C64), ont multiplié les mises en garde contre toute réforme susceptible d’affecter les dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels.
La Constitution congolaise fixe actuellement à deux le nombre de mandats présidentiels et le second mandat de Félix Tshisekedi, réélu en décembre 2023, est censé s’achever en 2028. Toute perspective de modification constitutionnelle touchant à cette question demeure donc particulièrement sensible dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques.
Alors que l’UDPS poursuit sa campagne en faveur d’une réforme constitutionnelle, le débat continue de diviser l’opinion publique. Entre les partisans d’une adaptation des institutions et ceux qui redoutent une remise en cause des acquis démocratiques, la question de la Constitution s’impose désormais comme l’un des principaux enjeux politiques à l’approche des prochaines échéances électorales.
HERVÉ KABWATILA




























































