Nouvelle étape cruciale dans l’affaire des passeports biométriques congolais. La Chambre du Conseil de Bruxelles a ordonné ce lundi le renvoi devant le tribunal correctionnel de 14 inculpés liés à l’entreprise belge Semlex. Cette société était chargée de la production des passeports de la République démocratique du Congo (RDC) entre 2015 et 2025.
Les prévenus devront répondre de chefs d’accusation graves, notamment de corruption d’agents publics étrangers, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale. Les malversations financières présumées au cœur de ce dossier auraient généré un détournement colossal estimé à près de 60 millions de dollars américains.
L’enquête s’est largement focalisée sur le coût exorbitant du document d’identité pour les citoyens congolais, fixé à l’époque à 185 dollars l’unité. Selon des documents révélés par la presse, le mécanisme de fraude était bien huilé : pour chaque passeport vendu, une somme de 60 dollars était systématiquement reversée à LRPS Ltd. Cette société écran, basée à Dubaï, est soupçonnée d’être directement liée à une proche de l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila.
La décision de la Chambre du Conseil constitue une victoire majeure pour la société civile. L’affaire avait été lancée il y a six ans par 51 citoyens congolais, activement soutenus par la coalition anti-corruption « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV). Au fil de la procédure, le collectif initial a reçu le renfort d’organisations internationales de premier plan, telles que la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits humains (LDH), UNIS, ainsi que Transparency International et sa branche belge.
« Nous avons payé 185 dollars pour nos passeports, avant d’apprendre par la presse qu’une partie de cet argent aurait servi à soudoyer des membres de l’élite politique. Nous avons le droit de savoir où est allé notre argent. Ce procès va enfin permettre d’y voir clair », a réagi Fred Bauma, citoyen congolais et partie civile dans ce dossier.
Le futur procès devant le tribunal correctionnel de Bruxelles devra désormais faire la lumière sur les responsabilités individuelles et l’étendue de ce réseau de corruption transfrontalier.
JMAES KABWE



























































