L’opposant Jean-Marc Kabund, ancien collaborateur du Président de la République et président intérimaire de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), a dénoncé un stratagème du pouvoir visant, selon lui, à retarder la convocation d’un dialogue national.
Réagissant à la question de la révision ou du changement de la Constitution, qui défraie la chronique politique congolaise, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale affirme que ce débat est « irresponsable » dans un contexte d’aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire dans l’est du pays.
« Relancer le faux débat sur le changement de la Constitution pour détourner l’attention des véritables problèmes du pays et repousser le dialogue politique inclusif, alors que nos compatriotes meurent dans une guerre injuste, est moralement inacceptable et politiquement irresponsable », a déclaré Jean-Marc Kabund.
Dans sa déclaration, le président du parti politique Alliance pour le Changement et initiateur de la Coalition de gauche prévient que « ceux qui retardent ce dialogue porteront la responsabilité historique de n’avoir pas agi à temps pour arrêter les massacres dans l’Est de notre pays, et seront complices de l’occupation du pays par le Rwanda ».
« Nous tenons à rappeler à notre peuple que, pendant que ce débat irresponsable se tient au sommet de l’État, une partie du territoire national subit une annexion de fait par le Rwanda », a-t-il souligné.
Le débat sur la relecture de la Loi fondamentale divise l’opposition et la majorité parlementaire. Alors que le camp présidentiel s’est publiquement prononcé en faveur du changement de la Constitution pour l’adapter aux réalités du moment, l’opposition y voit une volonté manifeste de Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats.
Dans ce contexte, les partisans de l’USN affirment que le Chef de l’État n’est plus en mandat, mais plutôt en mission, insinuant un report des élections prévues en 2028.
Cependant, cette position divise même la famille politique de l’actuel président. Dans une déclaration, le deuxième vice-président du Sénat et membre du présidium de l’Union sacrée, Bahati Lukwebo, s’est fermement opposé à toute idée de prolonger le mandat de Félix Tshisekedi au-delà de 2028.
Il a qualifié certains membres de cette plateforme politique de « flatteurs et fanatiques » qui ne disent pas la vérité au Président de la République.
Pour lui, Félix Tshisekedi n’a pas un mandat illimité et le pays a besoin de leaders, pas de textes.
Cette sortie médiatique a créé des remous au sein même de l’USN, qui l’accuse de s’être écarté de la vision du Président, autorité de référence au sein de la plateforme.
Actuellement, Bahati Lukwebo est visé par une motion de destitution au poste de deuxième vice-président du Sénat.
Mont Carmel NDEO



























































