Le violon ne s’accorde pas entre l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) et l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), deux grandes forces politiques de l’Union Sacrée de la Nation, au sujet de la révision ou du changement de la Constitution congolaise, en vigueur depuis 2006.
Tout commence par la sortie médiatique de Modeste Bahati Lukwebo, président national de l’AFDC et élu deuxième vice-président du Sénat sous l’étiquette de l’Union Sacrée, plateforme politique soutenant les actions du président de la République.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de son parti à Kinshasa, l’ancien président de la Chambre haute du Parlement a fermement rejeté l’idée de changer la Constitution.
Selon Bahati Lukwebo, la RDC n’éprouve pas de problèmes liés aux textes, mais plutôt avec les hommes pour leur mis en œuvre.
« Quand on aime son Chef, on lui dit la vérité. Ceux qui ont des préoccupations concernant la Constitution doivent venir, nous nous mettrons autour d’une table pour en discuter », a-t-il affirmé.
Cette position de l’élu de Bukavu contraste avec celle assumée ouvertement par le camp présidentiel qu’il représente, qui prône la révision du texte fondamental du pays.
Réagissant à ces propos, le Secrétaire général adjoint chargé des questions politiques et administratives de l’UDPS, Deo Bazibu Balola, a accusé Lukwebo de s’écarter de la ligne de l’Union Sacrée.
« Le sénateur Bahati Lukwebo ne partage plus la même vision avec les sociétaires de l’Union Sacrée », a-t-il déclaré, rappelant que, avant la chute des villes de Goma, Bukavu et Uvira, le président Tshisekedi s’était prononcé en faveur d’une relecture de la Constitution lors de ses visites dans plusieurs villes dont Kisangani, Mbuji Mayi, Kananga, et Lubumbashi.
De plus, il a souligné qu’en tant que membre du présidium de la famille politique du président de la République, Bahati Lukwebo était informé des discussions sur la révision constitutionnelle qui avaient lieu au sommet de l’État et au sein de l’Union Sacrée.
Le secrétaire adjoint du parti au pouvoir estime que cette sortie médiatique profite à l’agresseur de la RDC, le Rwanda.
« Ne pas faire bloc dans les rangs derrière le commandant des troupes au front contre l’agression rwandaise ne peut être profitable qu’à l’agresseur Paul Kagame », a lancé Bazibu.
En outre, il a insisté sur la nécessité de mettre de côté les divergences jusqu’à la « libération totale » des zones occupées par les rebelles soutenus par l’armée rwandaise.
« Si à l’étape actuelle de la lutte contre l’occupation rwandaise sous l’égide du président Felix Tshisekedi, tous les congolais se doivent de taire leurs intérêts individuels et leurs divergences jusqu’à la libération totale,ceux qui le doivent plus que tous, ce sont les populations du Kivu occupées et leurs leaders dont le sénateur Bahati Lukwebo fait partie », a-t-il martelé.
La déclaration de Lukwebo intervient alors que plusieurs cadres de l’Union Sacrée, dont le secrétaire permanent André Mbata, ont plaidé pour un changement de la Constitution.
« Une Constitution intouchable n’existe nulle part dans le monde. Une Constitution éternelle n’existe pas.
Une génération ne doit pas assujettir la suivante. Nous ne pouvons pas légiférer aujourd’hui en pensant que ceux présents en 2150 seront liés par cela, ni croire que les Congolais de demain, s’il n’y a pas eu de retour du Christ, en dépendront », a expliqué André Mbata à l’occasion du vingtième anniversaire de la Constitution.
Outre Mbata, José Mpanda, actuel ministre des Télécommunications, crie à qui veut l’entendre que le président Tshisekedi n’a pas un mandat, mais une mission, insinuant qu’il pourrait aller au-delà de 2028, date de la fin de son deuxième et dernier mandat selon la Constitution.
En réponse, Bahati Lukwebo a clairement affirmé que le président de la République n’a pas une mission illimitée, mais un mandat constitutionnel qui prend fin en 2028.
Mont Carmel NDEO



























































