Face à l’aggravation de l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo en République démocratique du Congo, les principaux responsables de la santé publique africaine et mondiale ont tenu mercredi une réunion stratégique à Kinshasa afin de renforcer la coordination des efforts de riposte et d’accélérer les interventions sur le terrain.
Le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, et le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, ont échangé avec le nouveau directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Pr Mohamed Yakub Janabi. La rencontre a également réuni Damien Mama, coordonnateur résident et humanitaire par intérim des Nations Unies en RDC, la Dre Anne Ancia, représentante par intérim de l’OMS dans le pays, ainsi que Julien Harneis, coordonnateur principal des Nations Unies pour la riposte à Ebola.
Au cours des discussions, les participants ont convenu de renforcer plusieurs axes essentiels de la lutte contre la maladie, notamment la détection précoce des cas, le suivi systématique des contacts, l’amélioration de l’accès aux soins et le soutien accru aux équipes déployées dans les zones touchées.
Selon les responsables, ces mesures demeurent indispensables pour interrompre les chaînes de transmission qui continuent d’alimenter la propagation du virus dans plusieurs provinces du pays. Ils ont également insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources humaines, logistiques et financières afin de soutenir les interventions de terrain.
Cette réunion intervient alors que l’épidémie d’Ebola connaît une progression préoccupante. L’OMS et l’Africa CDC alertent depuis plusieurs semaines sur le retard dans la détection de certains cas, les difficultés liées au suivi des contacts ainsi que les défis sécuritaires et communautaires qui compliquent les opérations dans les zones affectées.
Les deux institutions estiment qu’une accélération de la riposte est indispensable pour éviter que cette flambée ne devienne l’une des plus meurtrières jamais enregistrées sur le continent. Les experts soulignent notamment que l’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo renforce l’importance des mesures classiques de santé publique, telles que la surveillance épidémiologique, l’isolement rapide des cas et la sensibilisation des communautés.
Les dirigeants de l’OMS, de l’Africa CDC et des Nations Unies ont enfin réaffirmé leur engagement à travailler sous le leadership du gouvernement congolais afin de contenir l’épidémie et protéger les populations exposées.
Ils ont appelé les partenaires internationaux à intensifier leur soutien financier et opérationnel pour permettre aux équipes médicales, aux laboratoires, aux centres de traitement et aux agents de surveillance communautaire de disposer des moyens nécessaires pour faire face à l’urgence sanitaire.
Alors que la RDC poursuit sa lutte contre cette nouvelle flambée d’Ebola, les autorités sanitaires espèrent que le renforcement de la coordination entre les acteurs nationaux, africains et internationaux permettra de freiner la progression du virus et d’éviter une aggravation de la crise dans les semaines à venir.
HERVÉ KABWATILA




























































