Quelques jours après les aveux de Beni Mukena Mwepu, principal suspect dans l’affaire du meurtre de l’entrepreneur sportif Vally Amisi, arrêté à Brazzaville, le ministre des Sports et Loisirs Didier Budimbu a pris la parole pour clarifier la nature de sa relation avec le défunt.
Au cours d’un Space organisé sur le réseau social X (ex-Twitter), ce membre du gouvernement Suminwa a, de prime abord, battu en brèche les rumeurs faisant état de son implication dans cette affaire ayant suscité l’émoi au sein de la population congolaise.
Pour étayer ses propos, Didier Budimbu affirme avoir connu Vally Amisi quelques mois avant son assassinat.
Selon lui, leur relation est née d’un marché d’environ 40 000 dollars obtenu par Vally Amisi pour la réhabilitation de son bureau ainsi que de la loge présidentielle au stade des Martyrs avant que l’entrepreneur ne rejoigne son parti politique.
« Il est venu au cabinet pour proposer la réhabilitation de mon bureau et de la loge présidentielle. Comme il s’agissait d’un marché qui n’avait pas besoin de l’approbation de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics (DGCMP)
puisqu’il était en dessous de 50 200 000 dollars, nous l’avons évalué et je lui ai donné sa chance. C’est lui qui a réhabilité mon bureau au stade des Martyrs et la loge présidentielle. Même au niveau des escaliers, il y a un camp Léopard : c’est encore lui qui a pu le faire », a expliqué le ministre.
Il a ajouté que la première étape consistait à vérifier les capacités du jeune entrepreneur avant de lui confier de plus grands projets.
« Pour moi, c’était une question de voir si ce jeune Congolais était capable de faire quelque chose, avant de voir dans quelle mesure lui confier de grands projets. Et c’est de là que nous nous sommes connus. Ensuite, il a fait son adhésion au sein de mon parti. Parce que pour lui, je soutenais la jeunesse. Il voulait m’accompagner dans ma vision au sein de mon parti », a-t-il poursuivi.
Didier Budimbu a précisé que le marché sensible, relatif à la pelouse du stade, a été traité directement avec l’entreprise sud-africaine chargée des travaux, avec des paiements effectués en trois tranches entre décembre et les dernières semaines via un mécanisme de préfinancement.
Il a également indiqué que l’approbation d’un contrat concernant Vally Amisi n’est intervenue qu’après sa mort.
« À part cela, il voulait gagner le marché de réhabilitation du stade des Martyrs, mais il n’a pas pu le prendre, parce que, par rapport à son entreprise, la société sous-traitante devait être sud-africaine. Ma hiérarchie m’a dit non : nous n’avons pas besoin de passer par des intermédiaires. Il faut traiter directement avec la société sud-africaine en question. Donc, c’est ce qui a fait que nous sommes partis en Afrique du Sud. Certes, il était là aussi, mais nous avons directement traité avec la société sud-africaine. C’est cette société qui est en train de faire le travail actuellement. Ensuite, il a fait une autre demande au niveau de la DGCMP. Malheureusement, lorsque la DGCMP a donné son accord, il n’était plus de nôtres. Il avait déjà été lâchement assassiné », a déclaré le ministre.
« Je ne connais pas le principal suspect »
En réaction aux rumeurs, Didier Budimbu a affirmé ne pas connaître Beni Mukena Mwepu.
« Quand les gens veulent créer des polémiques à dormir debout, ou me coller des amitiés ou des histoires que je ne connais même pas, parce que le présumé assassin… je ne le connais pas. Je ne l’ai jamais vu. On me donne des appartements, je ne sais pas quand est-ce que j’ai acheté. Les gens qui utilisent les réseaux sociaux pour essayer de détruire des vies, en oubliant quand même que ce sont des pères de famille. Pour ma part, les premières personnes qui m’ont envoyé ça, ce sont mes enfants », a-t-il déploré.
Toutefois, Didier Budimbu dit faire confiance à la justice congolaise pour élucider les circonstances de ce meurtre et de juger les responsables.
« La justice est en train de faire son travail. Elle va rétablir les choses. Personnellement, je ne m’inquiète pas, parce que je ne me reproche rien, absolument de rien, mais je n’ai pas non plus besoin de faire des déclarations. On m’a posé des questions par rapport à notre collaboration : je vous ai répondu. On ne va pas répondre aux ragots. La vérité est tellement têtue et elle va triompher », a-t-il conclu.
Dans une vidéo de son interrogatoire à Brazzaville, virale sur les réseaux sociaux, le suspect a avoué avoir reçu l’ordre « d’une personne haut placée » pour tuer l’entrepreneur.
Sans révéler son nom, il a dit craindre pour sa famille résidant dans la capitale congolaise.
« On m’avait juste donné donné l’arme… Je ne peux pas parler parce que ces gens-là… Ma famille est à Kinshasa. Moi l’objectif était juste de l’amener à l’appartement… des gens étaient déjà là », a-t-il avoué.
Le corps sans vie de Vally Amisi, trentaine révolue, a été découvert le 10 avril, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa.
Mont Carmel NDEO



























































