L’opposant politique Jean-Marc Kabund a vivement critiqué la gestion de la situation sanitaire en République démocratique du Congo (RDC), marquée par la progression simultanée de l’épidémie d’Ebola et des cas de choléra dans plusieurs provinces du pays.
Dans une déclaration publiée sur son compte X, l’ancien président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a dénoncé les difficultés auxquelles font face les agents engagés dans la riposte sanitaire.
Selon lui, plusieurs intervenants mobilisés dans la lutte contre Ebola n’auraient pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois, malgré les risques auxquels ils sont exposés quotidiennement. Des mouvements de protestation ont récemment été signalés dans certaines zones touchées par l’épidémie, notamment en Ituri, où des agents de santé réclament le paiement de plusieurs mois d’arriérés.
Pour Jean-Marc Kabund, cette situation illustre les faiblesses de la gouvernance publique dans un secteur aussi crucial que la santé.
S’appuyant sur les articles 16 et 47 de la Constitution de la RDC, qui consacrent respectivement le devoir de l’État de protéger les citoyens ainsi que le droit à la santé, l’opposant a contesté les arguments de ceux qui plaident en faveur d’une révision constitutionnelle.
« L’enjeu de notre pays n’est pas l’insuffisance supposée de notre Constitution, mais l’incapacité constatée du pouvoir à respecter les obligations qu’elle lui impose », a déclaré Jean-Marc Kabund, estimant que les priorités nationales devraient porter sur l’application effective des dispositions constitutionnelles existantes plutôt que sur leur modification.
Cette sortie intervient dans un contexte sanitaire particulièrement préoccupant. Alors que l’Est de la RDC reste confronté à une importante flambée d’Ebola, plusieurs organisations humanitaires et partenaires sanitaires internationaux alertent sur les défis liés à la surveillance épidémiologique, au suivi des contacts, au financement de la riposte et à la prise en charge des malades.
Des retards de paiement du personnel de santé ont également été signalés dans certaines zones affectées, faisant craindre un ralentissement des opérations de lutte contre la maladie.
Au-delà de la question sanitaire, les propos de Jean-Marc Kabund relancent le débat politique autour de la révision de la Constitution de 2006, un sujet qui continue de diviser la classe politique congolaise.
Tandis que certains acteurs soutiennent la nécessité d’adapter le texte fondamental aux réalités actuelles du pays, d’autres considèrent que les difficultés rencontrées relèvent davantage de la gouvernance et de l’application des lois existantes.
Dans un pays confronté à des défis sécuritaires, sanitaires et socio-économiques persistants, les critiques de l’opposant mettent en lumière les attentes croissantes de la population quant à l’amélioration des services publics et à la protection effective du droit à la santé, garanti par la Constitution.
HERVÉ KABWATILA



























































