Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé l’octroi d’un financement d’urgence de 13 millions de dollars américains destiné à soutenir la lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE-B) en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda et au Soudan du Sud. Cette intervention intervient deux mois après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, dont l’épicentre se trouve dans la province de l’Ituri.
Selon un communiqué consulté par la presse, cette enveloppe comprend un don de 10 millions de dollars issu d’une reprogrammation des ressources du portefeuille de la RDC.
Ce financement sera exécuté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de renforcer les actions de riposte dans les zones les plus affectées. Un montant additionnel de 3 millions de dollars, provenant du Projet d’aide d’urgence multi-pays couvrant la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud, sera mis en œuvre par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique).
La RDC bénéficiera de la plus grande part de cet appui, avec un total de 11 millions de dollars, tandis que l’Ouganda et le Soudan du Sud recevront chacun un million de dollars dans le cadre du projet régional.
« La République démocratique du Congo, où se situe l’épicentre de l’épidémie, bénéficiera au total d’un financement de 11 millions de dollars, incluant les 10 millions issus du portefeuille pays et un million provenant du projet d’urgence régional », précise le communiqué du Groupe de la BAD.
L’institution financière panafricaine indique que ce financement s’inscrit dans le cadre du Plan de riposte à l’épidémie de maladie à virus Ebola et vise à interrompre la chaîne de transmission du virus, tout en réduisant la mortalité et la morbidité dans les zones les plus exposées.
Pour Mohamed Cherif, directeur général adjoint du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale et responsable du bureau pays en RDC, cette assistance témoigne de l’engagement de la BAD à soutenir les pays confrontés à des crises sanitaires majeures.
« Cet appui d’urgence traduit l’engagement du Groupe de la Banque africaine de développement à accompagner la République démocratique du Congo ainsi que les pays de la région dans la protection des vies humaines, le renforcement de la résilience des systèmes de santé et la prévention d’une propagation de l’épidémie », a-t-il déclaré.
Les fonds permettront notamment de renforcer les capacités de diagnostic précoce, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation communautaire, l’engagement des populations ainsi que la coordination transfrontalière entre les pays concernés.
Les activités seront menées en étroite collaboration avec les ministères de la Santé de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud.
Déclarée le 15 mai 2026, la nouvelle flambée d’Ebola touche principalement les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongwalu, dans la province de l’Ituri. La maladie s’est ensuite propagée aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’Organisation mondiale de la santé a confirmé l’épidémie et activé son deuxième niveau d’alerte d’urgence internationale, notamment en raison de cas de transmission signalés en Ouganda.
Cette épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante particulièrement préoccupante pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible.
Alors que l’Ouganda a réussi à contenir la propagation du virus sur son territoire et poursuit les étapes menant à une déclaration officielle de la fin de l’épidémie, la situation demeure préoccupante en RDC. Malgré l’expérience acquise lors des précédentes flambées, la riposte congolaise est confrontée à plusieurs défis, notamment les mouvements de grève de certains prestataires de santé réclamant une meilleure prise en charge de leurs revendications, ainsi que l’insécurité persistante dans certaines zones touchées.
Face à ces contraintes, le soutien financier de la Banque africaine de développement apparaît comme un appui stratégique pour renforcer les capacités de réponse et limiter l’expansion de l’épidémie dans la région des Grands Lacs.
HERVÉ KABWATILA



























































