Des pasteurs membres de l’Église de Réveil du Congo (ERC) prévoient d’organiser une marche citoyenne le 5 juin prochain à Kinshasa afin d’exprimer leur soutien à l’initiative de révision ou de changement de la Constitution du 18 février 2006. L’annonce a été faite par l’évêque Pascal Mukuna, responsable de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK), au nom du président de l’ERC, l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Pascal Mukuna a indiqué que cette mobilisation vise à sensibiliser la population sur les motivations de cette démarche et à expliquer, selon lui, les limites de la Constitution actuellement en vigueur, promulguée sous la présidence de Joseph Kabila.
Selon l’homme d’Église, la marche servira également à répondre aux critiques formulées contre le projet de réforme constitutionnelle.
« Nous allons faire jonction avec d’autres frères au Palais du peuple, où le message sera lu afin que nul ne soit désorienté face aux propos selon lesquels la nouvelle Constitution vise à donner un autre mandat au Président de la République. Non, on vous trompe », a déclaré Pascal Mukuna.
En prélude à cette activité, une réunion regroupant plusieurs responsables religieux s’est tenue le 28 mai autour de l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia.
Cette rencontre avait pour objectif de préparer l’organisation de la marche et d’harmoniser les messages à adresser à la population.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par de vives tensions politiques autour de l’éventuelle révision de la Loi fondamentale.
L’opposition, regroupée notamment au sein de la Coalition Article 64 (C64), s’oppose fermement à toute modification de la Constitution.
Dans cette dynamique, la C64 a décrété une journée « ville morte » le 3 juin, soit deux jours avant la marche annoncée par les responsables religieux.
Cette décision constitue une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose l’opposition à la majorité au pouvoir sur la question constitutionnelle.
À l’issue d’une réunion des leaders de l’opposition tenue au siège du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Martin Fayulu a vivement critiqué les intentions attribuées au président Félix Tshisekedi. Le leader politique l’a accusé de mener une « rébellion contre la Constitution » et de « partager la gestion du pays avec Paul Kagame ».
Le débat sur l’avenir de la Constitution continue ainsi de polariser la classe politique congolaise, tandis que les acteurs religieux et politiques multiplient les initiatives pour défendre leurs positions respectives.
HERVÉ KABWATILA





























































