La question de la révision constitutionnelle continue d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 4 mars 2026 à Kinshasa, le professeur Modeste Bahati Lukwebo, premier vice-président du Sénat et leader du parti politique l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) a estimé que le pays ne souffre pas d’un problème lié aux textes juridiques, mais plutôt à leur mise en œuvre effective.
S’exprimant devant la presse et un parterre d’invités, l’élu a déclaré que « le pays n’a pas un problème des textes mais de leur application », appelant à une culture de respect strict des dispositions constitutionnelles et légales en vigueur. Pour lui, engager une nouvelle révision de la Constitution ne constituerait pas une priorité dans le contexte actuel.
Depuis plusieurs mois, diverses personnalités politiques congolaises évoquent l’opportunité d’une révision de la Constitution du 18 février 2006. Les partisans de cette démarche avancent notamment l’argument de l’évolution institutionnelle et des réalités sociopolitiques du pays.
Sans citer nommément qui que ce soit, le professeur Bahati a semblé répondre aux thèses défendues par certains acteurs de la majorité présidentielle. Il a notamment fait allusion à la théorie selon laquelle la durée de vie moyenne d’une Constitution serait d’environ 17 ans, une analyse attribuée à Evariste Boshab, membre de la plateforme Union sacrée de la nation, qui soutient le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Selon cette approche, la Constitution congolaise, promulguée en 2006, atteindrait une phase nécessitant une réévaluation. Une position qui suscite des réactions contrastées au sein de l’opinion et de la classe politique.
Pour Modeste Bahati, la priorité devrait être accordée au respect des institutions existantes et à la consolidation de l’État de droit. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance et l’application rigoureuse des lois afin d’assurer la stabilité politique et le développement du pays.
Leader du parti politique l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) Modeste Bahati a martelé sur ce sujet en disant que de nombreuses difficultés institutionnelles découlent davantage de pratiques politiques que de lacunes constitutionnelles.
« Nous savons que c’est historique, ça a toujours été ainsi. Même ceux qui se battent, au finish, ils se retrouvent à la tournée notable pour se mettre d’accord. Nous l’avons déjà fait, on l’a expérimenté à Sun City et en d’autres circonstances. Mais au jour d’aujourd’hui, c’est que nous, disons le mot de l’AFDC-A, c’est que la priorité pour nous, c’est d’abord que la résolution 2773 soit mise à l’œuvre, c’est-à-dire le retrait des troupes rois de l’Est du territoire convolé. Et nous resterons entre nous, convolés, y compris ceux qui ont pris les armes, pour que nous puissions voir comment mettre de l’ordre dans notre maison qu’on appelle la République démocratique du Congo. » A déclaré le vice-président du sénat Modeste Bahati.
Et d’ajouter :
« Parce que là aussi, nous insistons sur la bonne gouvernance, parce que peut-être qu’il n’y aurait pas eu de guerre si on avait la bonne gouvernance. Et quand je parle de la bonne gouvernance, elle touche à tout. La gestion de l’armée, la gestion des services de renseignement, la gestion des finances publiques, la gestion des personnes, la désignation des personnes, la méritocratie dans le choix des dirigeants. Il y a beaucoup d’aspects qui concernent la bonne gouvernance. Et donc, là aussi, c’est une des questions qui sera sûrement à la table au moment venu. Mais pour le moment, pour nous, la priorité, c’est l’entrée des troupes rwandaises. Et à ce moment-là, nous pourrions dialoguer et parler. Donc, nous sommes des bons dialogues, mais nous prenons quand même une sorte de chronogramme. » A dit Modeste Bahati,
La question de la révision constitutionnelle demeure sensible en République démocratique du Congo, où toute modification de la loi fondamentale est souvent perçue à travers le prisme des équilibres politiques et des échéances électorales. Le débat, relancé par plusieurs figures de la majorité, pourrait ainsi continuer à structurer les discussions politiques dans les mois à venir.
HERVE KABWATILA



























































