Dans le cadre des préparatifs de la reprise de la compagnie nationale Congo Airways S.A, le gouvernement a confirmé une reprise effective des vols fixée au 20 septembre 2026.
À moins de 72 heures de cette échéance, le vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba a présidé une nouvelle réunion de coordination interministérielle pour lever les derniers verrous logistiques, financiers et techniques.
Créée en 2014, la compagnie nationale est au bord du précipice. Cette difficulté est marquée par des contraintes opérationnelles et financières ayant conduit à la suspension de ses activités depuis avril 2025.
Face à cette situation, le Président Tshisekedi et le Conseil des ministres ont inscrit la relance du transporteur aérien au rang des priorités stratégiques.
Lors de la 83ème réunion, la reprise a été conditionnée par un appui multisectoriel et la mise en place d’un mécanisme bancaire de financement pérenne.
La quatrième table ronde a permis de valider le compte à rebours menant à la date du 20 septembre 2026.
Le dossier de relance repose sur une approche structurée autour de deux axes. D’une part, la mise en service imminente du premier appareil Embraer E190, avec la validation des licences du personnel navigant,
des programmes de vols d’essai et l’état des pièces de rechange.
D’autre part, le gouvernement prévoit la remise en état d’un Airbus A320, ainsi que la préparation des escales pilotes notamment à Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Kindu, Mbuji-Mayi et Mbandaka.
En parallèle des préparatifs de redémarrage, le gouvernement affirme vouloir traiter des dossiers hérités de la période précédente, tout en lançant des réformes structurelles.
Parmi les points cités figure la livraison d’un second Embraer E190 par la CNSS. Les autorités mentionnent aussi le suivi de contentieux financiers dont des éléments liés à Jordan Aviation (environ 1,4 million USD ), ainsi que des fonds en suspens aux États-Unis.
En outre, cette stratégie inclut l’optimisation de la gouvernance par la digitalisation et la sécurisation des recettes commerciales, avec un appui auprès de la banque UBA.
Pour le gouvernement, il est question de donner à Congo Airways les moyens de renouer durablement avec le ciel congolais afin de contribuer au désenclavement des provinces, d’améliorer la connectivité intérieure et de faciliter la circulation des personnes et des biens à l’échelle nationale.
Sans appareil en exploitation, Congo Airways a perdu ses certifications IOSA et IATA, et a été inscrite sur la liste noire de l’Union européenne en juin 2025.
Elle se retrouve actuellement clouée au sol, lestée par les dettes, les arriérés de salaires, les défaillances de maintenance et, désormais, par des accusations de détournement.
Dans une correspondance adressée à la ministre du Portefeuille, le Conseil d’administration a alerté sur un détournement massif de plus de 23 millions de dollars.
Denonçant la dilapidation des ressources publiques, le Conseil d’administration révèle que depuis janvier 2025, ces fonds ont été mobilisés et administrés alors que Congo Airways n’a pas mis un seul avion en exploitation commerciale.
Pour étayer ces révélations, le PCA Jean-Bertrand Ewanga Isewanga Iwoka précise que les sommes concernées proviennent notamment de l’État congolais, à hauteur de plus de 6 millions de dollars, de la Caisse nationale de sécurité sociale, pour 9 millions, de la location de deux appareils, pour près de 7,75 millions, ainsi que du remboursement d’une caution de 500 000 dollars.
Mont Carmel NDEO


























































