En RDC, le débat sur un éventuel changement ou révision de la Constitution continue d’alimenter des divisions jusque dans le milieu ecclésial.
Alors que la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a récemment réaffirmé son opposition à la révision constitutionnelle, évoquant notamment le risque de balkanisation du pays, un groupe de prêtres catholiques de l’archidiocèse de Kananga a publiquement exprimé sa désapprobation.
Le clergé de Kananga indique que la position portée par la CENCO a contribué à des tensions sociales dans la ville.
Dans leur déclaration à l’occasion du 66e anniversaire d’indépendance, les signataires évoquent des « insultes et intimidations » visant des membres du clergé et des personnes consacrées, ainsi que des troubles liés au culte dominical dans certaines paroisses, notamment le dimanche 21 juin et des propos « discourtois » relayés sur les réseaux sociaux à l’endroit des autorités ecclésiastiques.
De plus, les prêtres de Kananga rappellent que la déclaration des évêques de la CENCO du 19 juin ne saurait être assimilée à un acte contraignant.
Selon eux, il s’agit d’un message et non d’un décret, d’un arrêté ou d’une décision émanant d’une institution de l’État.
De ce fait, affirment-ils, cette prise de position n’empêche pas un changement constitutionnel, ni la libre expression des citoyens.
« La déclaration des évêques de la CENCO du 19 Juin 2026 n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision, mais un message dont les signataires n’ont aucune prétention de s’ériger en une institution de la République. En tant que tel, ce message n’empêche en rien un possible changement de la Constitution, ni l’expression du libre arbitre des citoyens », indiquent les signataires.
D’après eux, la controverse traduit la vitalité de l’expression démocratique.
« Dans toute démocratie, chaque citoyen a droit à la parole et à un point de vue, et nos évêques sont censés jouir de ce même droit. Selon l’Article 23 de la constitution, « toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit implique la liberté d’exprimer ses opinions, ou ses convictions, notamment par la parole, l’écrit et l’image, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et de bonnes mœurs », ont-ils rappelé.
S’agissant de la signature de l’évêque de Kananga sur la déclaration de la CENCO, le clergé reconnaît la mission prophétique des évêques.
« Par conséquent cette mission étant collégiale, aucun Evêque ne peut personnellement être désavoué à cause de sa signature sur une déclaration commune. C’est dans cette perspective que nous pouvons comprendre la signature de Monseigneur L’Archevêque Métropolitain de Kananga », a-t-on lu.
Les prêtres avancent que la révision de la Constitution relève d’un processus constitutionnel. Ils citent notamment l’article 218, précisant que l’initiative de la révision constitutionnelle appartient conjointement à plusieurs autorités prévues par le texte fondamental.
« Nous soutenons le changement éventuel de la Constitution de 2006, le cas échéant, s’il suit tout moyen légal par lequel il peut être possible », ont affirmé les 17 prêtres signataires de cette déclaration appelant
les jeunes de la ville de Kananga à la retenue.
Dans sa déclaration du 19 juin, la CENCO a mis en garde contre les dangers d’un éventuel changement constitutionnel. Selon elle, tout passage en force dans cette direction comporte des risques majeurs, notamment la balkanisation du pays.
« Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement de notre guerre civile est à redouter. De tout ce qui précède, après un profond discernement, nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la Constitution », a précisé le secrétaire général de la CENCO, Donatien Nshole.
Pour la CENCO, la priorité en RDC demeure la paix, le bien-être social du peuple congolais ainsi que l’unité et la cohésion nationale.
Mont Carmel NDEO




























































