Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi que la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC). Cette décision ouvre la voie à un nouveau décaissement de 348,5 millions de dollars américains destiné à soutenir les réformes économiques et la stabilité macroéconomique du pays.
Selon le FMI, la conclusion de la troisième revue de la FEC permet un décaissement de 190,4 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 258,2 millions de dollars. Ce versement porte le total des décaissements effectués dans le cadre de ce programme à près de 1,03 milliard de dollars depuis son approbation en janvier 2025.
Parallèlement, la validation de la deuxième revue de la FRD donne lieu à un décaissement supplémentaire de 66,6 millions de DTS, équivalant à environ 90,3 millions de dollars.
L’institution financière internationale souligne que l’économie congolaise a fait preuve de résilience en 2025, portée principalement par les performances du secteur minier et la reprise des activités non extractives.
Les perspectives économiques demeurent favorables grâce à la vigueur des exportations minières, à l’amélioration de la position extérieure du pays et à la récente émission d’un eurobond destinée à financer des infrastructures publiques jugées prioritaires.
Le FMI relève également une nette décélération de l’inflation, qui s’est établie à 2,5 % en glissement annuel à fin avril 2026, notamment grâce à l’appréciation du franc congolais observée depuis octobre 2025.Malgré ces indicateurs encourageants, le FMI met en garde contre plusieurs risques susceptibles d’affecter la trajectoire économique du pays.
La situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure préoccupante, malgré les accords de Washington conclus en décembre 2025.Les affrontements armés persistent et continuent d’alimenter une crise humanitaire marquée par des déplacements massifs de populations et une insécurité alimentaire croissante.
À ces défis s’ajoutent l’épidémie d’Ebola en cours, les tensions politiques internes et les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient, autant de facteurs qui accentuent les incertitudes et exercent une pression supplémentaire sur les finances publiques.
Le FMI estime que la mise en œuvre du programme économique reste globalement satisfaisante.Tous les critères de performance fixés à fin décembre 2025 ont été atteints, à l’exception de deux indicateurs.
Le premier concerne le solde budgétaire intérieur, affecté par des dépenses sécuritaires plus importantes que prévu dans l’Est du pays. Le second est lié à une modification de la marge de change appliquée par la Banque centrale du Congo (BCC) lors de certaines opérations avec le Trésor public. L’institution indique toutefois que les autorités congolaises ont adopté des mesures correctives pour remédier à ces écarts et poursuivre la mise en œuvre des réformes convenues.
À l’issue des travaux du Conseil d’administration, le Directeur général adjoint du FMI et président par intérim, M. Okamura, a salué la solidité de l’activité économique congolaise tout en appelant les autorités à maintenir leurs efforts de réforme.
Selon lui, la bonne performance dans la mobilisation des recettes publiques contribue à compenser les dépenses liées à la sécurité. Il a néanmoins insisté sur la nécessité de préserver la discipline budgétaire, de moderniser davantage la gestion des finances publiques et de renforcer la mobilisation des recettes internes afin de créer davantage d’espace budgétaire pour les investissements structurants et les dépenses sociales.
Le FMI recommande également à la Banque centrale du Congo de maintenir une politique monétaire prudente face aux nombreuses incertitudes qui pèsent sur l’économie. L’institution juge essentiel de poursuivre l’accumulation des réserves internationales tout en conservant la flexibilité du taux de change comme mécanisme d’absorption des chocs extérieurs.
Avec ce nouveau décaissement, la RDC bénéficie d’un soutien financier accru de ses partenaires internationaux pour consolider ses acquis macroéconomiques, tout en faisant face aux défis sécuritaires, humanitaires et sanitaires qui continuent de peser sur son développement.
HERVÉ KABWATILA




























































