En République démocratique du Congo, le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique, de la société civile et des milieux religieux. Alors que plusieurs responsables d’églises de réveil ont récemment pris position sur cette question sensible, Sony Kafuta, plus connu sous les surnoms de « Général » ou « Ministre de l’Onction », est également sorti de son silence.
Le leader de l’église Armée de l’Éternel a profité d’une prédication pour interpeller les serviteurs de Dieu sur les dangers du matérialisme et des compromissions politiques dans un contexte marqué, selon lui, par des crises multiples.
« J’ai dit aux gens : écoutez-moi très bien.Je parle aux ministres de l’Évangile, aux serviteurs et servantes de Dieu ainsi qu’à tous ceux qui exercent une fonction sacrée.Actuellement, il n’est pas facile de vivre par la foi. Sur la terre, il y a une crise politique du leadership qui entraîne une crise économique sans précédent », a déclaré le pasteur Sony Kafuta devant ses fidèles.
Poursuivant son intervention, le prédicateur a évoqué la situation sociale et sécuritaire que traverse le pays, estimant que les difficultés économiques poussent certains responsables religieux à céder à des intérêts matériels.
« La crise sociale, humanitaire et sécuritaire pousse plusieurs hommes de Dieu au compromis, parce que la vie est devenue chère », a-t-il affirmé, avant de s’appuyer sur un passage biblique tiré de 1 Timothée 6:7-11 pour exhorter les croyants à la discipline et à la prudence face à « l’amour de l’argent ».
Dans son message, Sony Kafuta a notamment insisté sur la nécessité pour les responsables religieux de préserver leur indépendance spirituelle vis-à-vis du pouvoir politique.
« Mon père spirituel m’a toujours dit : dans ta vie, espère seulement en l’Éternel. Ne prends pas l’argent de César ni d’Hérode. Quand le sacrificateur s’entend avec Hérode, c’est pour comploter contre Jésus », a-t-il déclaré, dans une allusion interprétée par plusieurs observateurs comme une mise en garde contre les rapprochements entre certains leaders religieux et les autorités politiques.
Ces déclarations interviennent dans un climat politique particulièrement tendu en RDC, où les discussions autour d’une éventuelle révision constitutionnelle divisent l’opinion publique. Plusieurs acteurs politiques et religieux continuent d’exprimer des positions divergentes sur la question, alimentant un débat qui demeure au centre de l’actualité nationale.
Par ses propos, le pasteur Sony Kafuta semble appeler les responsables religieux à privilégier leur mission spirituelle et à éviter toute implication susceptible de compromettre leur neutralité dans un contexte politique sensible.
HERVÉ KABWATILA




























































