Les chercheurs de Institut national de recherche biomédicale ont réussi à séquencer en moins de 24 heures le génome complet du virus Ebola détecté à Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo. L’annonce a été faite mardi 19 mai 2026 à Kinshasa par le virologue Jean-Jacques Muyembe, lors d’un briefing spécial consacré à la 17ᵉ épidémie d’Ebola dans le pays.
Selon le directeur général de l’INRB, le virus identifié à Bunia constitue un variant distinct du virus Bundibugyo, déjà observé en 2007 en Ouganda et en 2012 à Isiro, dans la province du Haut-Uele.
« Notre force, c’est vraiment d’avoir séquencé les génomes complets du virus Bundibugyo en moins de 24 heures », a déclaré le Dr Muyembe devant la presse. Il a précisé que les analyses phylogénétiques montrent que le virus détecté à Bunia « se trouve au milieu » des variants identifiés lors des précédentes épidémies de 2007 et de 2012.
Le scientifique a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un nouveau virus Ebola, mais d’une variante distincte du virus Bundibugyo. Selon lui, cette découverte pourrait indiquer « une entrée ou une sortie d’une infection zoonotique », c’est-à-dire une transmission provenant d’un animal vers l’être humain.
Le briefing a également permis aux autorités sanitaires de présenter un état de la situation épidémiologique. Le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a indiqué que 32 cas positifs ont été confirmés par les laboratoires de l’INRB.
« Nous sommes aujourd’hui à 136 cas de décès probables liés à la maladie à virus Ebola. Nous avons 69 malades qui sont dans nos centres de traitement. Nous sommes autour de 543 malades probables dans la communauté », a-t-il déclaré.
Les autorités sanitaires congolaises poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge des patients et de riposte dans les zones affectées, notamment dans la province de l’Ituri où se situe la ville de Bunia.
Cette nouvelle flambée constitue la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée en République démocratique du Congo, pays régulièrement confronté à des résurgences de la maladie depuis la découverte du virus en 1976.
HERVÉ KABWATILA




























































