Le feuilleton judiciaire de Nathanaël Onokomba Shako s’apprête à connaître un nouveau chapitre décisif. Transféré à la prison centrale de Makala à la fin du mois de juillet dernier, le jeune leader d’opposition est attendu le vendredi 21 août 2026 devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Kinshasa/Gombe. Ce passage devant les juridictions de droit commun intervient après sept mois passés derrière les barreaux de la prison militaire de Ndolo.
Arrêté en décembre dernier à l’issue d’une conférence dans la commune de Ngaliema, Nathanaël Onokomba est poursuivi pour des opinions exprimées sur les réseaux sociaux. Les autorités judiciaires l’accusent d’avoir tenu sur la plateforme X (ex-Twitter) des propos minimisant ou niant la guerre et les atrocités perpétrées par les rebelles de l’AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Initialement détenu par le Conseil national de Cyber défense (CNC), il avait été renvoyé devant la justice militaire sous de lourds chefs d’inculpation, incluant l’apologie du terrorisme et la négation de crimes de guerre.
Le dossier a pris une tournure inattendue le 26 juin dernier lorsque le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe s’est déclaré incompétent pour juger l’opposant. Faute d’infractions de nature militaire établies, l’affaire a été réorientée vers le Parquet civil près le TGI de Kinshasa/Gombe.
Pour le collectif de la défense, cette requalification et le transfert à la prison civile de Makala ouvrent de nouvelles perspectives juridiques. Ses avocats, qui dénoncent depuis le début une détention arbitraire et une détérioration de l’état de santé du prévenu, comptent activer plusieurs recours légaux, notamment une demande de mise en liberté provisoire.
Qualifié de « détenu politique » par ses proches et ses conseils, le cas de ce natif du district de la Tshangu cristallise les tensions autour de la liberté d’expression en période de conflit national. L’audience fixée à la fin de cette semaine au TGI de la Gombe permettra de fixer l’opinion sur la suite de l’instruction et de savoir si le jeune activiste obtiendra, ou non, sa relaxation.
JAMES KABWE




























































