La tension politique monte en République démocratique du Congo autour de la question du changement de la Constitution. L’examen par l’Assemblée nationale du rapport de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) relatif à une proposition de loi sur le référendum, initiée par un député de la majorité parlementaire, suscite une vive opposition au sein de la classe politique congolaise.
L’opposition, aussi bien institutionnelle que non institutionnelle, accuse le pouvoir de vouloir ouvrir la voie à une modification constitutionnelle qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat à l’issue de son second et dernier mandat prévu par la Constitution actuelle.
Mercredi, les députés de l’opposition ont quitté la séance plénière au Palais du Peuple en signe de protestation avant de se réunir pour annoncer l’organisation d’une journée morte le 3 juin prochain. Cette action est présentée comme une première démonstration de force face au pouvoir en place, qui considère jusque-là l’opposition comme » faible et incapable « de mobiliser la population autour de ses revendications.Dans ce climat politique tendu, Delly Sesanga, président du parti Envol, a réaffirmé son opposition catégorique à toute tentative de remise en cause des limitations des mandats présidentiels.
« Nous allons affronter ce pouvoir à main nue, pour le plaquer au sol parce que nul ne peut exercer plus de deux mandats comme Président de la République en République démocratique du Congo « , a déclaré Delly Sesanga lors d’une intervention publique au ton ferme.
Le leader politique estime que le respect de la Constitution constitue une ligne rouge pour l’opposition et une condition essentielle à la stabilité des institutions du pays.
Le député national et le groupe parlementaire Ensemble qu’il dirige ont claqué la porte de l’Assemblée nationale en boycottant l’examen et l’adoption de la proposition de loi sur l’organisation du référendum en République démocratique du Congo, le mercredi 27 mai 2026. Mwando a aussitôt rejoint une réunion de crise des leaders de l’opposition, qui s’est tenue au siège de l’ECIDé, parti politique de Martin Fayulu.
Au milieu d’une foule des militants, l’élu de Moba (Tanganyika), Christian Mwando, a mis en garde contre un processus de référendum qui exclurait automatiquement les populations de l’Est de la RDC, qui sont sous contrôle de l’AFC/M23), exprimant sa crainte sur la « balkanisation légitime » du pays.
« Nous sommes solidaires avec les populations à l’Est de la RDC, parce que nous considérons qu’aller vers un processus de référendum pendant cette période, c’est consacrer la balkanisation de notre pays, et ça nous ne pouvons l’admettre.Parce que si le référendum est fait, notamment, sans une partie de notre population qui se trouve dans l’est, sous occupation de rebelles, cela va amener notre pays à une balkanisation qui sera légitime », a-t-il interpellé
Avant lui, Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), avait également dénoncé ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel « . Selon l’opposant, le chef de l’État chercherait à modifier les règles constitutionnelles dans le but de se maintenir au pouvoir.
« Félix Tshisekedi a décidé de se rebeller contre le pays et contre la Constitution en cherchant à faire un coup d’État constitutionnel », a affirmé Martin Fayulu, accusant également le président congolais et son homologue rwandais Paul Kagame d’être engagés dans un projet de » balkanisation » de la RDC.
Martin Fayulu a par ailleurs indiqué que les actions de mobilisation de l’opposition seraient progressivement annoncées dans les prochains jours afin d’empêcher l’adoption de la proposition de loi sur le référendum.
Du côté du pouvoir, aucune réaction officielle n’avait encore été rendue publique au moment de la rédaction de cet article. Toutefois, les partisans du président Félix Tshisekedi soutiennent régulièrement que les initiatives parlementaires en cours relèvent du fonctionnement normal des institutions démocratiques.
Du côté de la majorité parlementaire, Aimé Boji Sangara, président de l’Assemblée nationale a estimé que chaque groupe politique demeure libre de participer ou non aux travaux parlementaires.
Toutefois, il a défendu la nécessité de poursuivre l’examen de cette proposition de loi au nom du respect de la Constitution.
» L’objet du texte examiné aujourd’hui est de doter la République d’un cadre légal permettant à notre population, souverain primaire, de s’exprimer sur des questions importantes de la vie nationale. Si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de quitter la plénière mais nous, quant à nous, pensons que la Constitution, en prévoyant cette disposition, l’a fait précisément pour permettre au souverain primaire de s’exprimer sur les grandes questions nationales.C’est donc en toute sérénité que nous allons poursuivre nos travaux », a-t-il signifié.
Alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle continue d’alimenter les tensions politiques, plusieurs observateurs redoutent une crispation du climat sociopolitique dans les semaines à venir, à l’approche des prochaines échéances politiques en RDC.
HERVÉ KABWATILA




























































