Le ton est donné au Palais du Peuple. Alors que les contours du dialogue national se précisent pour tenter de pacifier le pays, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a tracé une ligne rouge infranchissable. Pour lui, l’inclusion a ses limites : ceux qui brandissent la violence ne méritent pas d’être assis à la table de la République.
La cohésion nationale oui, mais pas à n’importe quel prix. Interrogé sur la participation des différents acteurs politiques et armés aux pourparlers initiés pour restaurer la paix à l’Est du pays, le président de la chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, s’est montré d’une fermeté absolue. Ses mots, incisifs, résonnent comme un avertissement face aux groupes armés et à leurs soutiens.
« On ne peut donc pas demander à ceux qui ont choisi la paix de s’asseoir sur la même table avec ceux qui ont choisi la menace comme argument. »
Cette déclaration fait écho à sa doctrine politique déjà exprimée lors de l’ouverture de la session parlementaire, où il insistait sur le fait que le dialogue national « ne doit servir de blanchisserie ni d’opportunité pour fragiliser l’ordre constitutionnel établi ».
Pour la présidence de l’Assemblée nationale, vouloir imposer des négociations sous le chantage des armes est une insulte à la mémoire des victimes de l’instabilité dans la région des Grands Lacs. Aimé Boji rejoint ainsi la posture du chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui avait lui aussi affirmé que nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la Nation tout en prenant les armes contre elle.
Cette prise de position vient clarifier le débat qui agite la classe politique congolaise depuis plusieurs semaines. Si certaines organisations de la société civile plaident pour une inclusion totale, les institutions de la République choisissent de conditionner toute discussion à un préalable non négociable : le dépôt des armes et la cessation immédiate des hostilités.
Récemment en déplacement à Bruxelles pour porter la voix du Congo, Aimé Boji a rappelé que la sécurité demeure le pivot de l’avenir de la RDC. « Sans la paix, il ne peut pas y avoir d’investissement, il ne peut pas y avoir de coopération », déclarait-il devant les partenaires européens.
En fermant la porte aux partisans de la menace, les autorités congolaises envoient un signal fort. Le dialogue national sera un cadre de refondation et de consolidation des institutions, et non un forum de légitimation pour ceux qui ont choisi la voie du sang. Pour l’heure, le message de Kinshasa est clair : la République ne dialoguera qu’avec ceux qui respectent ses lois.
JAMES KABWE


























































