La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a présenté, lundi à Kinshasa, les conclusions de son enquête sur les incidents survenus lors du sit-in de l’opposition du 12 juin dernier. L’institution affirme n’avoir enregistré aucun décès au cours de cette manifestation, contredisant ainsi les conclusions avancées par certaines organisations, notamment Human Rights Watch (HRW), ainsi que des acteurs de l’opposition et de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Selon le rapport rendu public par la CNDH, les investigations menées sur le terrain n’ont permis de documenter aucun cas de décès lié à cette manifestation organisée initialement devant le Palais du peuple, siège du Parlement congolais.
« Aucun mort n’a été documenté par notre équipe d’enquête. La personne dont l’image a circulé sur les réseaux et donnée pour morte a été visitée par la commission d’enquête à l’hôpital. Elle en est sortie et a déjà repris ses activités professionnelles », a déclaré Paul Nsapu, président de la CNDH, lors de la présentation du rapport.
Le sit-in du 12 juin avait été convoqué par l’opposition pour protester contre plusieurs questions politiques d’actualité.Toutefois, les autorités provinciales avaient décidé de délocaliser la manifestation vers le terrain Assossa, situé dans la commune de Kasa-Vubu. Cette décision avait été rejetée par les organisateurs, qui avaient maintenu leur intention de se rendre aux abords du Palais du peuple.
La tentative des manifestants de rejoindre le site initialement prévu avait conduit à une intervention des forces de l’ordre. Des affrontements avaient alors éclaté entre certains manifestants et la police, provoquant plusieurs blessés et donnant lieu à une vive controverse sur le bilan humain des événements.
Dans son rapport, la CNDH reconnaît l’existence de blessés parmi les manifestants et les agents de la police, mais rejette les allégations faisant état de décès.L’institution indique avoir procédé à des vérifications dans des structures sanitaires, auprès des familles concernées ainsi que des témoins, sans parvenir à établir l’existence de victimes mortelles.
Ces conclusions interviennent alors que plusieurs organisations de défense des droits humains et des responsables de l’opposition avaient dénoncé un usage excessif de la force par les forces de sécurité lors de la dispersion du rassemblement.Certains rapports avaient notamment évoqué des pertes en vies humaines, alimentant un débat national sur la gestion des manifestations publiques en RDC.
La publication du rapport de la CNDH relance ainsi la controverse autour du bilan réel des incidents du 12 juin. Si l’institution nationale des droits de l’homme écarte toute thèse de décès, les organisations ayant avancé des chiffres contraires n’ont pas encore officiellement réagi aux conclusions présentées à Kinshasa.
L’affaire continue de susciter l’attention de l’opinion publique, dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et l’opposition autour des libertés publiques et de l’organisation des manifestations dans la capitale congolaise.
HERVÉ KABWATILA




























































