À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’accession de la République démocratique du Congo à l’indépendance, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont lancé un appel solennel à l’unité nationale, à la responsabilité collective et à la recherche de solutions pacifiques face aux défis auxquels le pays est confronté.
Dans un message rendu public ce mardi 30 juin, les deux principales confessions religieuses du pays ont estimé que le contexte actuel exige un engagement sincère de l’ensemble des acteurs nationaux en faveur de la paix et de la cohésion sociale.
« Le moment est au sursaut de responsabilité : le dialogue inclusif s’impose pour toutes celles et tous ceux qui se soucient réellement de la patrie. Le moment est à l’obligation de rechercher les voies concrètes, rapides et pacifiques de paix en vue de restaurer la confiance et préserver l’avenir commun », ont déclaré conjointement la CENCO et l’ECC.
Congolaises, Congolais, Filles et fils de la République Démocratique du Congo,
- En ce jour mémorable du 30 juin 2026, où notre Nation commémore le 66ème anniversaire de son indépendance, nous rendons un vibrant hommage à nos pères fondateurs qui ont rêvé d’un Congo libre, uni et prospère.
- Nous vous invitons, avant tout, à rendre grâce à Dieu, notre Seigneur et Sauveur, Maitre des temps et des circonstances, qui continue à veiller sur notre Nation et son peuple, en dépit des multiples vents contraires que nous traversons.
- Au regard de la situation actuelle du Pays qui semble assombrie par l’épreuve, nous affirmons avec la gravité d’une profession de foi et la responsabilité d’un avertissement prophétique, qu’une Nation commence à s’effondrer lorsque les armes remplacent la parole, lorsque les filles et les fils du Pays cessent de se parler, lorsqu’ils ne se reconnaissent plus comme membres d’une même communauté de destin, lorsqu’ils substituent la méfiance à la fraternité, la haine à la solidarité, l’esprit de vengeance à la culture du pardon et la confrontation à la recherche du bien commun. Or, c’est précisément ce danger qui se profile aujourd’hui devant nous.
- Nous constatons avec préoccupation la multiplication des discours de haine, des messages d’exclusion, et des paroles de division, là où la Nation a besoin de réconciliation. Nous voyons s’approfondir les fractures là où l’urgence commande de bâtir des ponts.
- Nous observons l’installation d’un climat de suspicion entre citoyens, entre communautés, entre animateurs institutionnels, entre leaders religieux et entre acteurs politiques, alors quele salut du Pays exige la confiance réciproque, l’écoute mutuelle et la volonté de construireensemble. Nous voyons dangereusement monter la violence verbale, les injures et les calomnies juste au moment où la Nation a besoin de grandir en réflexes éthiques, en vertus civiques et en interactions citoyennes fondées sur le respect mutuel.
- Ainsi s’enracine l’un des dangers majeurs qui menacent aujourd’hui notre société : les passions prennent le pas sur la raison et de plus en plus, la recherche de l’intérêt particulier l’emporte sur la défense du destin commun. La paix est confisquée, particulièrement dans l’Est de notre pays, le tissu social s’effrite sous le poids des divisions intestines et la méfiance politique fragilise nos institutions tout en freinant l’élan de développement dont le peuple congolais a légitimement besoin.
- Face à ce tableau, une des béatitudes annoncées par le Christ résonne fort dans nos cœurs de pasteurs «< Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.» (Matthieu S:9). Voilà pourquoi nous lançons, avec espérance, cet appel qui nous vient du fond de notre devoir pastoral, celui d’un dialogue sincère, inclusif et républicain à la lumière de la Parolede Dieu «< Voici, oh! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble!» (Psaumes 133),
Les deux organisations religieuses ont souligné la nécessité de privilégier le dialogue comme mécanisme de résolution des tensions politiques, sécuritaires et sociales qui persistent dans plusieurs régions du pays. Elles estiment que seule une démarche inclusive réunissant les différentes composantes de la nation permettra de consolider la paix et de renforcer la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.
Alors que la RDC célèbre les 66 ans de son indépendance acquise le 30 juin 1960, la CENCO et l’ECC ont également appelé les Congolais à placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des divergences partisanes et des intérêts particuliers.
« Sauvegardons notre Nation ensemble.Préservons notre patrie ensemble.Reconstruisons notre Pays ensemble », ont insisté les deux institutions ecclésiastiques, invitant les forces vives de la nation à œuvrer de manière concertée pour l’avenir du pays.
Cet appel intervient dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants dans l’Est de la RDC, des débats politiques sur les réformes institutionnelles ainsi que des préoccupations liées à la gouvernance et à la cohésion nationale.
À travers cette déclaration, la CENCO et l’ECC réaffirment leur volonté de contribuer aux efforts de paix et de stabilité, tout en exhortant les acteurs politiques, les organisations de la société civile et l’ensemble de la population à privilégier la concertation, le dialogue et le respect de l’intérêt général pour bâtir un Congo plus uni et prospère.
HERVÉ KABWATILA




























































