En République Démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a pris la décision de restructurer la communication au sein des Forces Armées nationales (FARDC) dans un contexte de crise sécuritaire dans l’est du pays.
Cette mesure, qui vise à instaurer une concertation préalable dans la communication étatique, fait suite au dérapage du général-major Sylvain Ekenge Efomi, ancien porte-parole des FARDC, lors d’une communication diffusée sur la télévision nationale.
Lors de la première réunion du Conseil des ministres de l’année 2026, Félix Tshisekedi a souligné la gravité des propos tenus par cet officier des FARDC, indiquant que la parole publique engage l’État sur des enjeux essentiels : sa crédibilité, son autorité morale, sa capacité à rassembler la nation et à préserver durablement la cohésion nationale.
« À ce titre, toute expression émanant d’un responsable public doit être empreinte de retenue et d’un sens aigu de l’intérêt supérieur de la République », a-t-il déclaré d’emblée.
Le Chef de l’État a également condamné des propos méprisants et stigmatisants à l’encontre des femmes de la communauté Tutsi, les qualifiant de « dérive de langage » qui ne reflète ni les valeurs républicaines, ni l’éthique de responsabilité, ni la hauteur de vue attendue d’une prise de parole officielle, surtout lorsqu’elle émane d’un membre d’une institution aussi sensible et stratégique que l’armée nationale.
« De tels propos sont de nature à fragiliser la cohésion nationale et sociale, à alimenter des tensions inutiles, et à porter atteinte à l’image et à la crédibilité de l’État, tant sur le plan interne qu’externe », a-t-il affirmé.
En outre, le président Tshisekedi a approuvé les mesures prises pour sécuriser la communication.
« La parole de l’État ne saurait être improvisée, émotionnelle ou approximative. Elle doit, en toutes circonstances, être exprimée avec retenue, responsabilité et clarté d’objectifs, en particulier lorsqu’elle concerne des enjeux complexes et délicats pouvant avoir des répercussions sécuritaires, sociales, politiques ou diplomatiques », a-t-il insisté.
Pour prévenir d’autres dérapages, Félix Tshisekedi a appelé tous les membres du gouvernement, responsables civils et militaires, ainsi que les acteurs de la communication publique, à éviter toute sortie médiatique « incontrôlée » sur des sujets sensibles touchant à la défense nationale, à la sécurité, à la cohésion sociale et aux relations institutionnelles.
Selon lui, la parole publique doit demeurer un instrument de rassemblement, de stabilité et de confiance, plutôt qu’une source de division et de confusion.
Tirant les leçons de l’incident mentionné, il a encouragé chaque responsable appelé à s’exprimer publiquement au nom de l’État à se documenter, à maîtriser les enjeux des dossiers abordés et à discerner la portée de ses propos, afin de préserver l’unité nationale, la dignité des institutions et la confiance légitime des citoyens dans l’action publique.
Dans cette perspective, le Chef de l’État a instruit le ministre de la Communication et des Médias de mettre en place un mécanisme formel de concertation préalable, en collaboration avec son conseiller spécial en matière de communication, les services de communication de la primature, de l’état-major général des forces armées, ainsi que ceux de la police nationale congolaise, pour toute sortie médiatique diffusée sur la chaîne nationale ou tout autre média, dès lors qu’elle porte sur des questions délicates engageant directement l’État.
Mont Carmel NDEO































































