Le général Eddy Kapend Yrung a obtenu, lundi 2 mars 2026, la plus grande distinction à l’issue de la défense de son mémoire de Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en philosophie à la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Lubumbashi.
Intitulé « Éthique et dilemmes du soldat dans une guerre asymétrique. Une étude philosophique critique de la théorie de la guerre juste de Michael Walzer », le travail, réalisé au sein du département de Philosophie, interroge la validité des fondements classiques de la « guerre juste » face aux mutations contemporaines des conflits armés, notamment en Afrique.
Dans son mémoire, le général Kapend examine la théorie développée par le philosophe américain Michael Walzer, figure majeure de la pensée contemporaine sur la guerre juste. Il confronte ces principes aux réalités des guerres asymétriques, caractérisées par l’effacement des lignes entre combattants et civils, la fragmentation des acteurs armés et la prégnance des groupes non étatiques.
L’auteur soutient que ces contextes imposent une relecture critique des catégories traditionnelles du droit et de la morale de la guerre. Il propose une « éthique de la solidarité combattante », structurée autour de trois axes : la reconnaissance d’une vulnérabilité partagée, une responsabilité hiérarchisée au sein de la chaîne de commandement et la protection stricte des populations civiles.
Le mémoire a été dirigé par le professeur ordinaire Emmanuel Banywesize Mukambilwa Selon la dépêche du Journal Universitaire, le jury a salué une contribution jugée « rigoureuse et originale », susceptible d’enrichir la réflexion stratégique et éthique dans la région des Grands Lacs, confrontée à des conflits persistants et complexes.
La cérémonie de soutenance s’est déroulée en présence des autorités académiques, dont le recteur Gilbert Kashiba, ainsi que de plusieurs officiers militaires et policiers.
Au cours de son allocution, le général Kapend a rendu hommage au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il a rappelé que la grâce présidentielle dont il a bénéficié lui a permis de reprendre ses études après près de deux décennies d’incarcération.
Cette distinction marque une étape académique importante pour l’officier supérieur, dont le parcours personnel et professionnel s’inscrit dans l’histoire récente de la République démocratique du Congo. Son travail ambitionne de nourrir le débat sur l’encadrement moral de l’action militaire dans des contextes où les repères traditionnels du champ de bataille sont profondément bouleversés.
HERVE KABWATILA




























































