À Kinshasa, l’avenue de l’Université, artère vitale reliant plusieurs communes densément peuplées, se transforme peu à peu en un véritable parcours du combattant. Dans la commune de Kalamu, particulièrement entre le rond-point Ezo, Yolo-Médical et l’arrêt Kikwit, la route est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, dénoncé depuis des mois, voire des années, par les usagers. Et c’est suite au constat fait par la rédaction de Foxtime.cd ce jeudi 30 avril 2026 après les fortes pluies tombées sur la ville de Kinshasa dans la nuit du mardi au mercredi.
Ce tronçon, qui relie notamment Kasa-Vubu et Limete, joue un rôle clé dans la mobilité urbaine. Pourtant, entre le rond-point Ezo, l’arrêt Yolo-Médical et la station Vanité, la chaussée est presque impraticable.
D’énormes nids-de-poule, parfois comparés à des cratères, jalonnent la route. À cela s’ajoutent des inondations récurrentes, conséquence directe de l’absence ou de l’obstruction des caniveaux. Dans certaines zones, les eaux stagnantes recouvrent totalement la chaussée, rendant toute circulation aléatoire.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les fortes pluies qui s’abattent régulièrement sur la capitale fragilisent davantage une infrastructure déjà vétuste. Mais au cœur du problème se trouve l’inexistence de systèmes de drainage efficaces.
Les caniveaux, lorsqu’ils existent, sont obstrués depuis des décennies, empêchant l’évacuation des eaux. À cela s’ajoute un manque criant d’entretien régulier, aggravé par la nature marécageuse du sol sur lequel repose cette partie de la route.
Les conséquences sont lourdes pour les habitants et les usagers. La circulation est fortement perturbée, avec des embouteillages interminables aux heures de pointe. Les chauffeurs de taxi-bus, en première ligne, dénoncent une situation intenable.
« Nous sommes obligés de réparer nos véhicules presque chaque semaine », confie un conducteur. Les suspensions, les pneus et les systèmes mécaniques sont mis à rude épreuve par l’état de la chaussée.
Cette dégradation a également un impact direct sur le portefeuille des usagers. Le coût du transport sur ce tronçon a triplé, passant de 1000 francs congolais à 3000 francs, une hausse significative dans un contexte économique déjà difficile.
Les commerçants installés le long de l’avenue ne sont pas épargnés. L’accès difficile dissuade les clients, tandis que les inondations affectent les étals et les marchandises. « Nous travaillons à perte », déplore une vendeuse du secteur Yolo-Médical.
Face à cette situation, les habitants et les chauffeurs lancent un appel urgent aux autorités provinciales, en particulier au Gouverneur de la ville de Kinshasa. Ils redoutent que cette partie de la capitale ne devienne totalement enclavée si aucune intervention n’est engagée rapidement.
Malgré son caractère stratégique, l’avenue de l’Université continue de se dégrader, illustrant les défis persistants en matière d’infrastructures urbaines dans la capitale congolaise.
En attendant une éventuelle réhabilitation, les usagers n’ont d’autre choix que de subir, au quotidien, les conséquences d’un axe routier devenu synonyme de calvaire.
HERVÉ KABWATILA






























































