Le ministre de la justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa, a procédé, jeudi 5 mars, à la remise en liberté de quatorze (14) combattants Twiraneho, alliés à la coalition AFC/M23 à Kinshasa qui s’étaient rendus volontairement à l’armée congolaise lors des combats pour le contrôle de la ville d’Uvira au Sud-Kivu, en décembre dernier. un geste qui s’inscrit dans un contexte sécuritaire et judiciaire particulièrement complexe.
Bien que cela soit fait en présence des responsables de la justice militaire et des représentants du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion communautaire (P-DDR-CS), la cellule de communication du ministère dénote qu’à ce stade, aucune charge individuelle n’a été retenue à leur encontre après vérifications nécessaires sur leur implication directe dans des faits susceptibles d’engager leur responsabilité pénale.
Un geste constaste qui repose sur trois piliers strategiques à savoir :
Une stratégie de démobilisation et de « main tendue »
Le gouvernement cherche à encourager les redditions volontaires. Des exemples récents, comme celle du chef milicien « Mamadou » au Nord-Kivu en février 2026, montrent que les autorités misent sur le programme de désarmement (PDDRCS) pour affaiblir les groupes armés de l’intérieur. La libération de combattants peut être perçue comme un signal envoyé aux autres membres des groupes alliés au M23 pour les inciter à déposer les armes.
L’équilibre fragile des fronts à l’Est
Les combattants Twirwaneho sont très actifs dans le Sud-Kivu (notamment à Minembwe et Itombwe). Leur libération intervient alors que l’armée congolaise (FARDC) et les Wazalendo ont repris récemment des localités comme Mikenge. Sur le plan sécuritaire, ce geste peut viser à apaiser les tensions communautaires locales au Sud-Kivu, où ces groupes prétendent défendre une communauté spécifique.
Désengorgement carcéral et le Risque sécuritaire
Cette mesure s’inscrit également dans une politique plus large de désengorgement des prisons (notamment Makala) lancée par le ministère de la Justice. Cependant, le risque de voir ces éléments retourner au front ou renforcer les cellules dormantes à Kinshasa reste une préoccupation majeure, alors que la menace du M23 sur la capitale est régulièrement évoquée dans la rhétorique rebelle.
Ce geste est une manœuvre de haute sécurité politique, il tente de concilier l’exigence de justice et de désengorgement carcéral avec la nécessité stratégique d’affaiblir la coalition M23/AFC par des mesures d’incitation à la paix, tout en prenant le risque d’une perception de « faiblesse » ou de complicité par une partie de l’opinion publique.
Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko en poste depuis août 2025, poursuit officiellement une politique axée sur le respect des droits humains et la lutte contre la corruption.
JAMES KABWE




























































