L’opposant et ancien gouverneur du Katanga
Moïse Katumbi a lancé un appel public après des allégations de pollution et de risques sanitaires autour de la mine de Tenke Fungurume, l’une des principales sources de cobalt en RDC, exploitée par la société China Molybdenum (CMOC Group Ltd.).
S’appuyant sur des révélations de l’Environmental Investigation Agency (EIA), le président du parti Ensemble pour la République indique que des travailleurs et des riverains sont exposés à des émissions toxiques, notamment du dioxyde de soufre, avec des conséquences sur la santé (saignements de nez, toux avec sang, difficulté respiratoire) ainsi que des signalements de morts-nés et de naissances d’enfants malformés.
Selon les éléments cités par Moïse Katumbi, des pics d’émissions liés à une nouvelle usine d’acide sulfurique auraient entraîné un dépassement des niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le dioxyde de soufre.
« Ce qui se passe aujourd’hui à Tenke Fungurume, eu égard aux exigences du respect des normes environnementales, est une pratique nouvelle et très nocive à la santé des populations. La mine produit davantage, les profits augmentent, mais les populations respirent désormais un air sulfureux .
Il ne s’agit pas seulement d’un scandale local », a déclaré l’ancien gouverneur avant le démembrement.
Il révèle que des plaintes collectives de populations riveraines ont été déposées, tandis que la production se poursuit, entraînant, d’après lui, une hausse des profits au détriment de la santé publique et de l’environnement.
L’ancien candidat à la présidentielle a également comparé la situation actuelle à la période où la mine était exploitée par Freeport McMoRan durant laquelle, dit-il, des inspections indépendantes semestrielles et des sanctions en cas de non-conformité étaient en place.
Katumbi estime que ces pratiques de contrôle auraient été plus strictes afin de limiter les impacts sanitaires et environnementaux sur les populations locales.
Nonobstant, il a appelé la communauté nationale et internationale à se saisir du dossier, estimant que le cobalt extrait dans la région alimente une part importante de la transition énergétique mondiale (batteries pour véhicules électriques, téléphones, systèmes de stockage).
D’après lui, cette activité ne doit pas se faire au détriment des populations locales.
« Ce qui se fait à Tenke Fungurume concerne le monde entier et devrait nous interpeller tous.
Le cobalt extrait du sol congolais alimente la transition énergétique mondiale. Il se retrouve dans les batteries des voitures électriques, des téléphones et des systèmes de stockage d’énergie qui contribuent à la lutte contre le changement climatique. Mais, une transition énergétique qui repose sur l’empoisonnement des populations africaines n’est pas une transition écologique. C’est une injustice et hypocrisie mondiales », a-t-il ajouté.
L’ancien gouverneur a aussi qualifié la situation de système d’exploitation conduisant à « l’intoxication par prédation industrielle » et a exigé la transparence et la responsabilité partagée des entreprises minières, des gouvernements et des acteurs économiques internationaux.
Parallèlement, l’opposant exige :
- la publication complète et transparente des données sur la qualité de l’air et les émissions industrielles à Tenke Fungurume ;
- la création d’une commission d’enquête indépendante réunissant experts médicaux et environnementaux internationaux ;
- la prise en charge médicale des travailleurs et des populations affectées ;
- la suspension de toute expansion industrielle tant que la sécurité sanitaire n’est pas assurée ;
- l’ouverture de poursuites judiciaires contre les responsables éventuels.
Mont Carmel NDEO




























































