À Kinshasa, la forte pluie qui s’est abattue dans la soirée du dimanche 29 mars 2026 a une nouvelle fois mis à rude épreuve les habitants de la capitale. Tôt ce lundi 30 mars 2026 matin, la circulation et les activités socio-économiques ont été sévèrement perturbées sur la route Mokali, située dans la commune de Kimbanseke. Comme lors de chaque épisode pluvieux, cet axe stratégique s’est transformé en véritable rivière, rendant tout passage extrêmement difficile, voire impossible.
Dès les premières heures de la journée du lundi 30 mars, des files de passagers bloqués se sont formées de part et d’autre de la route inondée. Les véhicules ont été contraints de s’arrêter bien avant la zone submergée, interrompant brutalement la mobilité des habitants. Travailleurs, élèves et commerçants ont dû improviser des solutions pour poursuivre leur trajet, souvent au prix de dépenses supplémentaires et de retards considérables.
L’absence d’infrastructures de drainage efficaces continue de faire de Mokali un point critique dès que la pluie s’intensifie, exposant les populations à des conditions de déplacement indignes.
Pour franchir la zone inondée, les habitants n’ont d’autre choix que de multiplier les moyens de transport. Le trajet s’effectue en plusieurs étapes : un premier transport jusqu’à Ngambu ya pont, suivi d’une traversée à pied ou à dos d’homme, assurée par des jeunes du quartier.
Ces derniers proposent de porter les passagers sur leurs épaules pour environ 500 francs congolais. Une fois la traversée effectuée, les usagers doivent encore payer entre 500 et 1 000 francs congolais pour rejoindre le quartier Pascal. Au total, le coût du déplacement peut doubler, voire tripler.
Ce parcours du combattant n’est pas sans risques : chutes dans l’eau, glissades, effets personnels endommagés, sans compter les retards qui impactent les activités professionnelles et scolaires.
Face à cette situation récurrente, certains jeunes de Kimbanseke ont transformé la crise en opportunité. En transportant les passagers à travers les zones inondées, ils développent une activité informelle devenue essentielle pour de nombreux habitants.
Si cette « économie de survie » permet à ces jeunes de générer des revenus dans un contexte difficile, elle illustre surtout la précarité persistante des infrastructures urbaines. Elle révèle également l’absence de réponses structurelles face à un problème pourtant bien connu des autorités locales.
Les inondations répétées à Mokali posent avec acuité la question de la gestion urbaine et de l’adaptation climatique à Kinshasa. Dans une ville en pleine expansion, les populations les plus vulnérables continuent de payer le prix fort des défaillances en matière d’assainissement.
Pour Voix du Paysan, informer et sensibiliser sur ces réalités s’inscrit dans un engagement plus large en faveur de la justice sociale et climatique. L’amélioration des systèmes de drainage et l’aménagement des infrastructures routières apparaissent comme des urgences incontournables pour garantir la dignité et la sécurité des citoyens.
En attendant des solutions durables, les habitants de Kimbanseke continuent de braver les eaux, transformant chaque déplacement en épreuve quotidienne.
HERVE KABWATILA






























































