Dans un télégramme officiel daté du dimanche 26 avril 2026, consulté par la rédaction de Foxtime.cd ce lundi, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, a convoqué à Kinshasa les membres du bureau de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu, actuellement installés à Uvira.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par le dépôt d’une motion de censure visant le gouverneur Jean-Jacques Purusi. Selon plusieurs sources parlementaires, l’Assemblée provinciale devait tenir, le 28 avril, une séance plénière consacrée à l’audition du chef de l’exécutif provincial et à l’examen des griefs portés contre lui.
Au cœur des accusations figurent des allégations de mauvaise gestion des finances publiques, des soupçons de détournement de fonds ainsi que la disparition de certains biens appartenant à la province. Des faits que certains élus jugent suffisamment graves pour justifier une remise en cause de la gouvernance actuelle.
Cependant, cette convocation à Kinshasa pourrait rebattre les cartes du processus en cours. Le déplacement des membres du bureau de l’organe délibérant risque en effet de retarder la tenue de la plénière prévue, voire d’en modifier les contours institutionnels. Sur le terrain, la situation reste fragile.
La province du Sud-Kivu est confrontée à une insécurité persistante, exacerbée par la présence de groupes armés, notamment les rebelles du M23. À cela s’ajoutent les déplacements répétés des institutions provinciales entre Bukavu et Uvira, conséquence directe de cette instabilité sécuritaire.Au sein de l’Assemblée provinciale, les positions divergent.
Certains députés estiment qu’un éventuel changement à la tête de la province pourrait affaiblir davantage des institutions déjà fragilisées par le contexte sécuritaire. D’autres, en revanche, considèrent que la gravité des accusations impose un examen rigoureux et transparent, dans le respect des procédures démocratiques.
Dans ce climat incertain, la convocation initiée par le ministère de l’Intérieur apparaît comme un tournant potentiel dans la gestion de cette crise politico-institutionnelle. Reste à savoir si cette initiative contribuera à apaiser les tensions ou, au contraire, à prolonger l’impasse politique dans la province.
HERVÉ KABWATILA































































