L’administration publique de la capitale congolaise est à l’arrêt. L’intersyndicale urbaine des agents publics de Kinshasa a déclenché une grève illimitée qualifiée de « radicale », entraînant la fermeture de plusieurs services essentiels, dont les morgues et les cimetières.
La décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale tenue le mardi 21 avril 2026, après l’expiration d’un ultimatum adressé au gouvernement provincial. Les syndicats accusent les autorités de ne pas avoir respecté leurs engagements, malgré plusieurs rounds de négociations.
Dans une déclaration rendue publique le jeudi 23 avril, le président de l’intersyndicale, David Delor Luyeye, a justifié le durcissement du mouvement par « l’accumulation de manquements graves » à l’égard des agents publics. Parmi les revendications figurent notamment des arriérés de salaires remontant à huit mois pour l’année 2025, des retards de paiement pour les premiers mois de 2026, ainsi que le non-versement de certaines rétrocessions dues aux services générateurs de recettes.
Au-delà des questions salariales, les syndicats dénoncent également des conditions de travail jugées précaires et un manque de volonté politique de la part de l’exécutif provincial. Selon eux, une trêve avait pourtant été accordée à la suite d’une réunion tenue le 15 avril, dans l’espoir d’avancées concrètes qui ne se sont finalement pas matérialisées.
Conséquence immédiate : la fermeture totale des bureaux administratifs dans les 24 communes de la ville. Sont concernés les services d’assiette, les régies financières, mais aussi des structures sensibles comme les morgues et les cimetières. Certains bâtiments ont été physiquement verrouillés par les grévistes, avec cadenas et chaînes, pour empêcher toute reprise partielle des activités.
« Les services resteront fermés jusqu’à satisfaction complète de nos revendications », préviennent les responsables syndicaux, qui affirment vouloir défendre « les droits fondamentaux des agents publics ».
Cette paralysie administrative fait craindre d’importantes répercussions sur la vie quotidienne des habitants de Kinshasa.
Dans une ville déjà confrontée à de multiples défis socio-économiques, l’interruption prolongée des services publics essentiels pourrait accentuer les difficultés, notamment en matière de gestion des décès, de démarches administratives et de collecte des recettes publiques.
À ce stade, aucune réaction officielle détaillée du gouvernement provincial n’a encore été rendue publique, laissant planer l’incertitude quant à l’issue de cette crise sociale qui s’annonce prolongée.
HERVÉ KABWATILA































































