Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 06 mai 2026 à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est longuement exprimé sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, tout en revenant sur les choix stratégiques de son gouvernement face à la crise.
Interpellé par le journaliste Anicet Wembanyama, le chef de l’État a d’abord recadré la séance en appelant au respect du format des échanges, avant de répondre en profondeur à la question portant sur les critiques liées à une supposée “sur-diplomatie” face aux menaces sécuritaires.
Dans une déclaration inhabituelle par sa franchise, le président a reconnu avoir été induit en erreur par des informations erronées sur l’état réel des forces armées. Il a présenté ses excuses à la population pour avoir minimisé la gravité de la situation en 2023, évoquant alors de simples “escarmouches”.
« On ne va pas à la guerre avec une armée totalement désorganisée », a-t-il admis, décrivant une institution militaire en proie à de graves dysfonctionnements : manque d’équipements, conditions de vie précaires des soldats et incapacité opérationnelle.
Plus préoccupant encore, Félix Tshisekedi a dénoncé un niveau élevé d’infiltration ennemie au sein même de l’armée congolaise. Selon lui, des éléments hostiles se seraient introduits à la faveur des processus de mixage et de brassage issus d’accords de paix antérieurs, contribuant à affaiblir l’appareil sécuritaire de l’intérieur.
Face à ces failles structurelles, le chef de l’État a défendu le recours prioritaire à la diplomatie, qu’il considère comme une réponse pragmatique dans un contexte de vulnérabilité militaire.
« Le premier réflexe d’un civil face à une telle situation, c’est la diplomatie », a-t-il expliqué, soulignant que cette approche a permis à la RDC de mobiliser des soutiens internationaux et de préserver certains intérêts stratégiques.
Évoquant indirectement les critiques de figures internationales telles que Barack Obama, il a rappelé que les réalités géopolitiques diffèrent selon les contextes nationaux, insistant sur la nécessité pour la RDC de construire progressivement sa propre capacité de défense.
Le président a assuré que des efforts significatifs ont été entrepris pour réorganiser et renforcer les forces armées. Selon lui, l’armée congolaise est aujourd’hui “en montée en puissance”, avec des recrutements en cours, des formations renforcées et de nouvelles acquisitions d’équipements.
Il a également évoqué des réformes à venir visant à professionnaliser davantage l’institution militaire et à prévenir de nouvelles infiltrations.
Au-delà des considérations militaires, Félix Tshisekedi a insisté sur sa vision d’une coexistence pacifique entre les pays africains. Il a plaidé pour une approche basée sur la coopération plutôt que la confrontation, rappelant que les États de la région sont liés par une géographie et des intérêts communs durables.
« Construisons des ponts plutôt que des murs », a-t-il déclaré, estimant que les conflits armés entre pays africains constituent un frein majeur au développement du continent.
Malgré les progrès évoqués, le chef de l’État a reconnu que la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo reste préoccupante et loin d’être résolue. Il a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à restaurer la paix et la stabilité, tout en appelant à la patience et au soutien de la population.
Cette intervention présidentielle intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans les provinces orientales, où les enjeux sécuritaires, politiques et économiques demeurent étroitement imbriqués.
HERVÉ KABWATILA





























































