À travers une mise au point musclée faite ce lundi 11 mai 2026 au siège du parti, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a répondu aux déclarations du leader de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE), Martin Fayulu, qui avait affirmé que l’UDPS devait sa survie politique à son action entre 2006 et 2010.
Dans une intervention publique, Augustin Kabuya a rejeté catégoriquement cette version des faits, estimant que les propos de Martin Fayulu relevaient d’une tentative de réécriture de l’histoire politique congolaise.
» La campagne de rédynamisation du parti avec l’actuel chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à l’époque secrétaire national aux relations extérieures, nous avons sillonné une grande partie de l’Est de notre pays. Martin Fayulu n’était pas avec nous « , a déclaré Augustin Kabuya.
Selon le secrétaire général de l’UDPS, le parti fondé par Étienne Tshisekedi n’a jamais cessé d’exister malgré les périodes de turbulences politiques traversées avant les élections de 2011. Il affirme que les structures du parti étaient bel et bien actives à travers le pays, sous l’impulsion des cadres historiques et militants engagés dans la mobilisation populaire.
Revenant sur les événements politiques ayant précédé le conclave de Genval en 2016, Augustin Kabuya a soutenu que Martin Fayulu nourrissait des réserves sur la capacité d’Étienne Tshisekedi à reprendre pleinement les commandes de l’opposition congolaise en raison de son état de santé.
» Vers la fin en 2016, le président du parti, papa Étienne Tshisekedi, nous confie le mandat de réunir toute l’opposition congolaise pour aller à Genval en Belgique. Martin Fayulu comptait beaucoup sur la santé de papa Étienne Tshisekedi. Nous étions au courant de tous les discours négatifs qu’il tenait « , a-t-il affirmé.
Dans son intervention, le secrétaire général de l’UDPS a également évoqué la période électorale de 2018, marquée par la candidature commune de l’opposition issue de l’accord de Genève. Il a rappelé que Martin Fayulu et Félix Tshisekedi avaient été tous deux candidats à la présidentielle, tout en contestant les affirmations selon lesquelles le leader de l’ECIDE aurait été le » faiseur des rois « .
» Fayulu était candidat avec nous en 2018. Il avait fait trop de bruit en disant qu’il était président élu. Nous avons toujours soutenu que Félix Tshisekedi avait gagné les élections « , a déclaré Augustin Kabuya.
Le patron de l’administration du parti présidentiel accuse par ailleurs Martin Fayulu d’avoir tenu des propos » irrespectueux » envers l’UDPS, qu’il considère comme l’une des formations politiques les plus emblématiques de l’histoire contemporaine de la RDC.
« Risquer de manquer du respect à un grand parti politique qui a une histoire dans ce pays, c’est très dangereux « , a insisté Augustin Kabuya, avant d’ajouter qu’il ne pouvait » pas rester la bouche fermée sans rétablir cette vérité « .
Le secrétaire général de l’UDPS a également remis en cause certaines références chronologiques avancées par Martin Fayulu concernant les responsables du parti à l’époque évoquée. Selon lui, plusieurs personnalités citées par le président de l’ECIDE n’occupaient encore aucune fonction officielle susceptible d’engager l’UDPS entre 2006 et 2010.
Cette nouvelle passe d’armes illustre les tensions persistantes entre les différentes figures de l’opposition et de la majorité politique congolaise, dans un contexte où les débats autour de l’histoire récente de l’alternance politique en RDC demeurent particulièrement sensibles.
Alors que les deux camps revendiquent chacun un rôle déterminant dans l’évolution démocratique du pays, cette controverse relance le débat sur la mémoire politique de l’opposition congolaise et sur l’héritage laissé par Étienne Tshisekedi dans la lutte pour la démocratie en République démocratique du Congo.
HERVÉ KABWATILA




























































