Kinshasa voit dans cette déclaration une reconnaissance du poids démographique et culturel congolais
Les déclarations du président français Emmanuel Macron sur le rôle central du bassin du Congo dans l’espace francophone continuent de susciter des réactions en République démocratique du Congo.
Le ministre délégué près le ministre des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie et de la diaspora congolaise, Crispin Mbadu, a salué ce qu’il considère comme une reconnaissance internationale du poids démographique et culturel de la RDC au sein de la Francophonie.
Lors d’une intervention en Égypte dimanche 10 mai 2026, le chef de l’État français a affirmé que « l’épicentre de la langue française se trouve aujourd’hui dans le bassin du fleuve Congo, et non sur les quais de Seine ». Une déclaration par laquelle Emmanuel Macron a souligné que cette région concentre désormais le plus grand nombre de locuteurs francophones dans le monde.
« Le cœur battant de la Francophonie »
Réagissant à ces propos, Crispin Mbadu a estimé que cette déclaration « acte le basculement géopolitique de notre espace francophone commun ».
Selon le ministre congolais, la République démocratique du Congo est devenue « le cœur battant de la Francophonie », en raison notamment de son poids démographique et du dynamisme de sa jeunesse. Avec plus de 100 millions d’habitants, la RDC apparaît aujourd’hui comme le principal réservoir démographique francophone.
« La RDC n’est plus seulement le premier pays francophone au monde par la démographie ; elle est le moteur de sa créativité et de son avenir », a déclaré Crispin Mbadu.
Au-delà de la portée symbolique de cette reconnaissance, les autorités congolaises entendent également traduire cette influence croissante sur le plan institutionnel.
Crispin Mbadu a ainsi plaidé pour une gouvernance de la Francophonie davantage alignée sur « sa base réelle », estimant que les équilibres actuels de l’espace francophone doivent davantage refléter le poids de l’Afrique centrale et de la RDC.
Dans cette perspective, le ministre a apporté son soutien à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de Organisation internationale de la Francophonie.
Selon lui, cette candidature incarne une « légitimité historique et démographique » et traduit la volonté de promouvoir « une Francophonie des peuples, ambitieuse et résolument tournée vers l’Afrique ».
Les propos d’Emmanuel Macron relancent ainsi le débat sur l’évolution du centre de gravité de la Francophonie. Alors que la croissance démographique des pays africains francophones se poursuit, plusieurs responsables politiques et observateurs estiment que l’Afrique, et particulièrement le bassin du Congo, occupe désormais une place stratégique dans l’avenir de la langue française et des institutions francophones.
La République démocratique du Congo, déjà considérée comme le plus grand pays francophone par le nombre de locuteurs, cherche désormais à convertir ce poids démographique en influence diplomatique et politique au sein des instances internationales de la Francophonie.
HERVÉ KABWATILA





























































