Alors que l’Assemblée nationale a déclaré recevable la proposition de loi relative au référendum, une manifestation a éclaté ce jeudi 28 mai à Tshangu, un district de Kinshasa réputé base électorale de l’opposant Martin Fayulu.
Selon plusieurs témoins, des jeunes ont protesté contre le changement constitutionnel soutenu par la majorité au pouvoir, pour un potentiel troisième mandat anticonstitutionnel de l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Pendant quelques minutes, les manifestants ont incendié des pneus sur la chaussée, perturbant la circulation sur l’une des routes stratégiques de la capitale, reliant la commune à l’axe menant vers l’aéroport international de N’djili.
Cette action intervient près de 24 heures après que l’opposition a décidé de boycotter les travaux consacrés à l’examen de la loi référendaire proposée par un député national, membre de la coalition Union sacrée de la Nation.
Le président du groupe parlementaire Ensemble a dénoncé un forcing estimant que la majorité cherche à faire adopter et appliquer cette loi malgré un contexte sécuritaire délétère, marqué par l’occupation de plusieurs villes et localités du Nord-Kivu, par l’armée rwandaise et ses supplétifs de l’AFC-M23.
« Après avoir suivi le forcing qui est fait par la majorité au pouvoir, coalition Union sacrée de la nation, pour adopter et appliquer cette loi pendant l’occupation de notre territoire par l’armée Rwandaise et la rébellion de l’AFC-M23 à l’Est, au Nord et au Sud-Kivu ainsi que l’État de siège en Ituri risque de conduire à la consécration à la balkanisation de notre pays. Soucieux du respect de notre Constitution en la matière, solidaire avec nos populations de l’Est du pays qui ont droit de participer à toutes les grandes options de notre nation, nous avons décidé de nous retirer de cette démarche et de quitter solennellement ces travaux », a déclaré mardi 27 mai, Christian Mwando, président de ce groupe parlementaire de l’opposition à l’Assemblée nationale.
Plus tard dans la soirée, la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) portée par les opposants Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Matata Ponyo, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, a annoncé une série de manifestations sur le terrain pour contraindre Félix Tshisekedi à renoncer au projet du changement constitutionnel.
Dans ce cadre, une journée ville morte a été décrétée pour le lundi 3 juin, les opposants accusant Félix Tshisekedi de se « rebeller contre la République ».
« Félix Tshisekedi a décidé de se rebeller contre le pays et contre la Constitution en cherchant à faire un coup d’État constitutionnel. Nos députés ont quitté la plénière pour s’opposer à l’adoption de la proposition de loi sur le référendum, pour que ça ne passe pas. C’est notre affaire désormais comme population, ce n’est plus une question des députés ni des sénateurs. Félix Tshisekedi est en train de mentir les gens, lui et Paul Kagame ont convenu de la balkanisation du pays parce que ce qui vient de se passer au Palais du Peuple, c’est pour balkaniser le pays », a déclaré le président de Lamuka, Martin Fayulu.
De son côté, le président du parti politique ENVOL, Delly Sesanga a prévenu que les actions sur le terrain se poursuivront.
« Nous allons affronter ce pouvoir à main nue, pour le plaquer au sol, parce que nul ne peut exercer plus de deux mandats comme Président de la République en République démocratique du Congo », a-t-il averti.
Mont Carmel NDEO





























































