Le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a exhorté les États-Unis à lever sans délai les restrictions d’entrée imposées aux voyageurs en provenance de l’Ouganda. Cette déclaration, formulée lors d’une conférence dans la capitale ghanéenne, intervient alors que l’Ouganda a déchargé son tout dernier patient atteint du virus Ebola.
« Il n’y a aucune raison pour que les États-Unis maintiennent cette restriction de voyage », a martelé le Dr Jean Kaseya. Pour le principal responsable de la santé publique sur le continent africain, la situation sanitaire actuelle ne justifie plus les mesures d’exception appliquées par Washington. Le patron d’Africa CDC a officiellement envoyé une lettre en ce sens aux autorités américaines, appelant l’ensemble des nations africaines à faire bloc derrière cette initiative en guise de solidarité continentale.
Cette offensive diplomatique et sanitaire s’appuie sur des données épidémiologiques concrètes. Le 16 juillet 2026, l’Ouganda a officiellement fait sortir de l’hôpital son dernier patient guéri d’Ebola. Cet événement a enclenché un compte à rebours réglementaire de 42 jours. Au terme de cette période, et sans apparition de nouveau cas, le pays pourra être déclaré officiellement exempt du virus, conformément aux protocoles stricts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Depuis le début de cette résurgence de la souche Bundibugyo, l’Ouganda est parvenu à circonscrire la maladie, en ne comptabilisant que 20 cas au total. Une dynamique sans commune mesure avec celle de son voisin, la République démocratique du Congo (RDC), épicentre de l’épidémie, qui enregistre plus de 2 400 cas.
En mai dernier, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC de Washington) avaient interdit l’accès au territoire américain à tous les ressortissants étrangers ayant séjourné récemment en RDC, tout en appliquant des restrictions sévères et des déviations de vols pour les voyageurs en provenance de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Ces mesures restrictives ont été durcies à la mi-juillet, maintenant l’Ouganda sous le statut d’alerte maximale de niveau 4 (« Ne pas voyager »).
.Pour les autorités ougandaises et l’Africa CDC, ces interdictions générales portent un coup de massue injustifié à l’économie locale, en particulier au secteur touristique. Le ministère ougandais de la Santé avait d’ailleurs dénoncé des mesures « injustes » qui sapent la transparence des États africains lorsqu’ils signalent ouvertement une urgence sanitaire.
« Il est temps aujourd’hui de lever ce statut pour l’Ouganda. Cela nous permettra ensuite de concentrer tous nos efforts et notre soutien vers la RDC face au défi majeur auquel elle reste confrontée », a conclu le Dr Kaseya. Face au blocus américain, l’Afrique scientifique et politique choisit désormais la voix de la fermeté.
JAMES KABWE




























































