La tension politique est montée d’un cran ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa à l’occasion du sit-in annoncé par l’opposition contre la loi portant organisation du référendum, récemment adoptée par l’Assemblée nationale et considérée par ses détracteurs comme une porte ouverte à une révision de la Constitution.
Malgré l’important dispositif sécuritaire déployé autour du Palais du Peuple, siège des institutions législatives, des dizaines de militants du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) se sont rassemblés à l’esplanade de leur formation politique sur le boulevard Triomphal.
Les manifestants entendaient dénoncer la loi référendaire et réaffirmer leur opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution en vigueur.
L’opposant Martin Fayulu est arrivé au siège de son parti sous les acclamations de ses militants et sympathisants mobilisés pour l’occasion. Sa présence a marqué le début effectif de cette action politique portée par la Coalition Article 64 (C64), qui multiplie depuis plusieurs semaines les initiatives contre le projet de réforme constitutionnelle attribué au pouvoir en place.
Selon les organisateurs, le sit-in devait initialement se tenir devant le Palais du Peuple. Toutefois, les autorités provinciales avaient opposé une fin de non-recevoir à cette démarche, estimant que le site constitue une zone protégée et ne peut accueillir une manifestation politique. Le gouvernorat de Kinshasa avait proposé un autre lieu de rassemblement, une option rejetée par l’opposition.
À l’heure des premiers rassemblements, seul Martin Fayulu était visible sur les lieux. Les autres figures annoncées de l’opposition, notamment Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, ainsi que les représentants de Matata Ponyo et de Moïse Katumbi, n’avaient pas encore rejoint le site du rassemblement. Cette mobilisation intervient dans un contexte de fortes divergences autour de la loi référendaire, adoptée cette semaine par la chambre basse du Parlement et dénoncée par l’opposition comme une menace contre l’ordre constitutionnel.
Alors que les autorités maintiennent leur position sur l’interdiction de manifester devant le Palais du Peuple, l’opposition affirme vouloir poursuivre des actions pacifiques pour empêcher toute modification de la Constitution. Les prochaines heures devraient permettre de mesurer l’ampleur de la mobilisation et ses conséquences sur le climat politique déjà tendu dans le pays.
HERVÉ KABWATILA




























































