Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique fondée par l’ancien président Joseph Kabila, est officiellement sorti de sa réserve ce mercredi 24 juin à Kinshasa. À l’occasion d’une réunion politique de ses cadres, le parti a marqué son retour sur la scène politique nationale en affichant sa ferme opposition à tout projet de révision de la Constitution et à toute perspective de prolongation du pouvoir du président Félix Tshisekedi.
Selon les responsables du parti, cette rencontre constitue la première d’une série d’activités destinées à redynamiser les structures du PPRD et à renforcer sa présence dans le débat politique national. Cette reprise intervient dans un contexte marqué par de vives controverses autour des discussions relatives à une éventuelle modification de la Constitution congolaise.
À l’issue de la réunion, le parti a réaffirmé son rejet catégorique de tout changement constitutionnel susceptible, selon lui, d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel ou à une présidence à vie. Les dirigeants du PPRD ont insisté sur la nécessité de préserver les acquis démocratiques consacrés par la Constitution de 2006, notamment la limitation du nombre de mandats présidentiels.
La question de la révision constitutionnelle continue de susciter de fortes tensions au sein de la classe politique congolaise. Depuis plusieurs mois, des partis d’opposition, des mouvements citoyens ainsi que certaines organisations religieuses dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative de remise en cause de l’alternance démocratique prévue en 2028. Une coalition de partis d’opposition s’est d’ailleurs constituée pour faire barrage à toute réforme jugée contraire à l’esprit de la Constitution actuelle.
Les partisans d’une réforme soutiennent, de leur côté, qu’un débat sur l’adaptation des institutions aux réalités actuelles du pays demeure légitime. Le pouvoir a à plusieurs reprises rejeté les accusations selon lesquelles une éventuelle révision viserait à prolonger le mandat du chef de l’État.
Au-delà de la question constitutionnelle, le PPRD a également exigé la libération « immédiate et sans condition » de plusieurs de ses cadres détenus.Le parti estime que ces arrestations relèvent d’une volonté de restreindre l’expression politique de l’opposition et appelle les autorités à garantir les libertés fondamentales ainsi que le pluralisme démocratique.
Dans sa déclaration finale, le PPRD a appelé au respect du calendrier démocratique et de l’alternance politique à l’issue du second mandat de Félix Tshisekedi, qui doit prendre fin en 2028 conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur. Le parti affirme vouloir participer activement au débat national tout en se positionnant comme un défenseur de l’ordre constitutionnel et de la transition démocratique.
Cette prise de position du PPRD intervient alors que les discussions autour de l’avenir de la Constitution continuent d’alimenter les tensions politiques en République démocratique du Congo, à moins de deux ans du début des préparatifs électoraux qui mèneront aux échéances de 2028.
HERVÉ KABWATILA





























































