Une confusion persistante entoure l’organisation de la marche annoncée par l’Union sacrée de la Nation (USN) pour ce mercredi 22 juillet à Kinshasa. Alors que le gouverneur de la ville, Daniel Bumba, a réaffirmé l’interdiction de toute manifestation publique en raison des mesures sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola, certains responsables de la majorité présidentielle continuent de défendre le maintien de cette activité.
À l’issue d’une réunion avec le gouverneur de Kinshasa, Sylvain Mutombo, membre du présidium de l’Union sacrée et coordonnateur de la Majorité extraparlementaire de l’Union sacrée de la Nation (MEP-USN), a annoncé que la plateforme restait favorable à la tenue de la marche prévue en soutien aux institutions de la République et aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon l’ancien ministre délégué à la Défense nationale, une réunion de la plateforme devait être organisée afin d’examiner les suites à réserver à la décision des autorités provinciales. « Nous allons faire rapport au présidium de l’Union sacrée », a-t-il déclaré à l’issue des échanges.
Face à cette volonté affichée de maintenir la manifestation, le gouverneur Daniel Bumba a opposé une fin de non-recevoir.
L’autorité urbaine a rappelé que les rassemblements de masse demeurent suspendus sur instruction du Gouvernement central, à travers un télégramme du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jacquemain Shabani.Cette mesure, explique le gouverneur, vise à limiter les risques de propagation de la maladie à virus Ebola, dont l’expansion continue d’inquiéter les autorités sanitaires.
« Cette mesure demeure applicable jusqu’à nouvel ordre. En conséquence, aucune autorisation ne peut être accordée pour la tenue de manifestations publiques durant cette période », a insisté Daniel Bumba, appelant aussi bien la majorité que l’opposition au respect des dispositions d’urgence sanitaire.
Le gouverneur a par ailleurs rappelé que la commune de la Gombe reste une zone où les manifestations politiques sont interdites pour des raisons de sécurité et d’ordre public.
La manifestation de l’Union sacrée avait été annoncée dans un contexte de forte tension politique, alors que la coalition de l’opposition C64 prévoyait également une marche le 22 juillet pour exiger la démission du président Félix Tshisekedi et dénoncer ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel » lié au projet de révision de la Constitution.
Cependant, après plusieurs consultations menées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), mandatées dans le cadre des préparatifs d’un dialogue national inclusif, les leaders de la C64 ont décidé de reporter leur manifestation. Ils disent désormais attendre, jusqu’au 15 août prochain, les conclusions des démarches engagées autour de ce dialogue.
Ce report a alimenté les interrogations sur l’opportunité de maintenir la marche de l’Union sacrée, perçue par certains observateurs comme une réponse politique à l’initiative de l’opposition.
La situation révèle également des divergences au sein même de la famille politique au pouvoir. Si certains cadres de l’Union sacrée continuent de soutenir la tenue de la marche, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti de la majorité présidentielle, s’était déjà désolidarisée de cette initiative portée notamment par le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata.
À moins de 24 heures de l’échéance annoncée, l’incertitude demeure donc totale autour de cette manifestation. Entre l’interdiction formelle des autorités provinciales et la volonté affichée par certains responsables de la majorité de maintenir leur mobilisation, la journée du 22 juillet s’annonce comme un nouveau test pour la gestion de l’espace politique dans la capitale congolaise.
HERVÉ KABWATILA




























































