L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que le bilan cumulé de l’épidémie de maladie à virus Ebola causée par la souche Bundibugyo a désormais dépassé le seuil de 1 000 décès en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Cette flambée épidémique, déclarée en mai dernier, est considérée comme l’une des plus préoccupantes jamais enregistrées pour cette souche du virus.
Selon les dernières données sanitaires, la RDC concentre l’essentiel des cas. Au 21 juillet, le pays comptabilisait 2 473 cas confirmés et 999 décès liés à la maladie, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, épicentres de la propagation actuelle. Plus de 700 patients étaient encore hospitalisés ou placés en isolement au moment du dernier rapport.
L’Ouganda, qui a enregistré des cas importés depuis la RDC, a pour sa part recensé 20 infections confirmées et deux décès. Les autorités sanitaires ougandaises ont annoncé le 16 juillet la sortie du dernier patient traité, déclenchant ainsi le compte à rebours de 42 jours exigé par l’OMS avant une éventuelle déclaration officielle de fin de l’épidémie sur son territoire.
L’OMS s’inquiète particulièrement de la vitesse de propagation du virus Bundibugyo, une souche rare pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est actuellement disponible. Les experts sanitaires estiment que le nombre réel d’infections pourrait être largement supérieur aux chiffres officiels en raison des difficultés d’accès à certaines zones touchées, de l’insécurité persistante et de la résistance de certaines communautés aux mesures de riposte.
Les autorités sanitaires signalent également que près de 80 % des nouvelles contaminations proviennent de chaînes de transmission non identifiées, compliquant considérablement les efforts de suivi des contacts et de confinement de la maladie. Des attaques contre des centres de traitement et des équipes médicales, ainsi que des mouvements de grève liés à des arriérés de paiement, ont davantage fragilisé la riposte.
Mobilisation internationale
Face à l’ampleur de la crise, l’OMS avait déjà classé cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale dès le mois de mai. Les agences sanitaires régionales et internationales poursuivent leur mobilisation pour soutenir les opérations de surveillance, de prise en charge des malades et de recherche sur de potentiels vaccins contre la souche Bundibugyo.
La souche Bundibugyo avait été identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007 avant d’être signalée en RDC en 2012. L’épidémie actuelle est toutefois de loin la plus importante jamais associée à cette variante du virus Ebola.
Alors que la RDC continue de faire face à une augmentation quotidienne des cas, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux appellent au renforcement des mesures de prévention, à l’intensification de la surveillance épidémiologique et à une plus grande adhésion des communautés aux dispositifs de lutte contre la maladie afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire dans la région des Grands Lacs.
HERVÉ KABWATILA




























































