Le commissaire supérieur de la police Israël Sanga, figure emblématique de la lutte contre les infractions routières à Kinshasa, se trouve sous les verrous depuis près de neuf mois. Autrefois acclamé pour son intransigeance face aux inciviques de la route, l’officier de la Police de Circulation Routière (PCR) fait aujourd’hui l’objet de graves accusations. Entre l’application stricte de la loi et les reproches d’insubordination, son arrestation suscite un vif débat dans la capitale congolaise.
Pendant longtemps, le commissaire supérieur Israël Sanga a incarné le visage de la tolérance zéro face à l’anarchie routière kinoise. Sur les grandes artères de Kinshasa, l’homme s’était forgé une réputation d’acier en barrant la route aux conducteurs circulant à contresens, une pratique couramment appelée « phénomène de deux bandes ».
Ministres, directeurs généraux, hauts magistrats ou officiers supérieurs de l’armée : aucune fonction ne semblait impressionner ce commandant de la PCR, déterminé à imposer l’égalité de tous devant le Code de la route. Ses interpellations musclées et théâtrales, souvent capturées en vidéo, lui avaient attiré la sympathie d’une large partie de la population lasse des privilèges routiers illégaux.
Cependant, les méthodes de l’officier ont fini par franchir la ligne rouge réglementaire. Selon des sources policières et judiciaires, le calvaire carcéral d’Israël Sanga a débuté à la suite d’une plainte déposée par un haut responsable de l’État. Il lui est reproché d’avoir tenté de brutaliser cette autorité lors d’un contrôle routier, en violation directe des règlements stricts de la PNC régissant les interpellations de hauts dignitaires.
Plus grave encore, l’acte d’accusation évoque un « excès de zèle manifeste » et une insubordination caractérisée. Il aurait notamment utilisé de manière abusive le nom du chef de l’État pour légitimer ses actions et intimider ses interlocuteurs, un passe-droit verbal sévèrement sanctionné par la hiérarchie militaire. Pour ses détracteurs, le commissaire avait fini par se croire au-dessus des lois qu’il était censé faire respecter, transformant la rigueur légitime en harcèlement ciblé.
Détenu depuis de longs mois sans qu’un procès public n’ait encore fixé son sort, le cas d’Israël Sanga ravive les tensions. Ses partisans dénoncent un règlement de comptes politique, orchestré par des puissants frustrés d’avoir été ramenés à l’ordre par un simple policier. Ses proches invoquent également une violation de ses droits fondamentaux, rappelant que la Constitution garantit le droit d’être présenté rapidement devant son juge naturel.
Du côté de la hiérarchie, on rappelle qu’être dépositaire de la force publique exige une discipline irréprochable. « La loi s’applique à tous, y compris à ceux qui la protègent », confie anonymement un cadre de la PNC.
L’affaire Israël Sanga pose désormais une question de fond à la société congolaise : comment faire respecter l’ordre public à Kinshasa sans basculer dans l’arbitraire et l’abus de pouvoir ? Le verdict de la justice est attendu pour faire la lumière sur cette arrestation qui continue de faire couler beaucoup d’encre.
JAMES KABWE


























































