Le commissaire supérieur de la police nationale congolaise, Israël Sanga, célèbre pour sa traque intransigeante des automobilistes roulant à contresens dans la capitale, serait détenu depuis plusieurs mois. Selon des sources concordantes, sa rigueur face aux abus de pouvoir des élites kinoises serait à l’origine de ses déboires judiciaires.
À Kinshasa, son nom était devenu synonyme de droiture routière. Le commissaire supérieur Israël Sanga s’était forgé une solide réputation en appliquant strictement le code de la route, refusant systématiquement de fermer les yeux sur le phénomène des bandes inversées, communément appelées « contresens ». Qu’il s’agisse de simples citoyens, de directeurs généraux, d’officiers supérieurs de l’armée ou même de ministres de la République, aucun contrevenant n’échappait à ses rappels à l’ordre. Une fermeté rare qui, si elle a forcé l’admiration de la population, lui a également attiré de puissantes inimitiés.
Selon plusieurs témoignages circulant dans les milieux sécuritaires et politiques de la capitale, l’arrestation de cet officier ferait suite à une plainte formelle déposée par un haut responsable mécontent d’avoir été rappelé à l’ordre par le commissaire.Alors que l’impunité routière reste un défi majeur à Kinshasa, l’incarcération d’Israël Sanga depuis de longs mois jette un froid. Pour de nombreux observateurs, ce dossier illustre la vulnérabilité des agents de l’ordre face à l’influence des « VIP » indisciplinés.
« C’est le monde à l’envers : celui qui fait respecter la loi est puni, tandis que ceux qui la violent dictent leur propre justice », s’insurge un activiste de la société civile sous couvert d’anonymat.
Cette affaire suscite une vague d’indignation croissante au sein de l’opinion publique congolaise. Sur les réseaux sociaux, des voix s’élèvent pour réclamer des clarifications sur les motifs réels de sa détention prolongée et exiger sa libération.Alors que le commissariat provincial de la police multiplie les discours sur la lutte contre les antivaleurs et les abus d’autorité, le traitement réservé au commissaire Israël Sanga pose un sérieux paradoxe.
Face à ce spectacle desolant, le commandement de la police et les autorités judiciaires ne se sont pas encore officiellement exprimés sur le fond de ce dossier, qui continue d’alimenter les débats sur l’égalité de tous devant la loi en République Démocratique du Congo.
JAMES KABWE




























































