La sécurité de la République démocratique du Congo ne se joue plus seulement sur le terrain physique, mais désormais sur le front virtuel. Lors de la 101ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du vendredi 23 octobre 2026, le président Félix Tshisekedi a officiellement érigé la cybersécurité au rang d’« impératif de sécurité nationale ». Face à des risques jugés majeurs pour la souveraineté du pays, le chef de l’État a ordonné un audit global et immédiat de l’ensemble des infrastructures numériques publiques.
Selon le compte-rendu du conseil des ministres, Cette contre-offensive numérique fait suite à de récentes alertes internationales signalant des vulnérabilités critiques au sein des systèmes d’information de l’État. Bien que la nature exacte et l’origine de ces alertes n’aient pas été divulguées dans le compte-rendu officiel, cette annonce intervient à peine deux jours après un avertissement du ministère de l’Économie numérique. Le 22 octobre, les autorités signalaient en effet deux failles critiques (CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619) touchant PHP, un langage de programmation central pour les sites et applications web gouvernementaux.
Pour l’exécutif congolais, le diagnostic est sans équivoque : les faiblesses actuelles exposent le pays à des menaces concrètes d’espionnage, de cyberattaques massives ou de sabotage ciblé des infrastructures numériques stratégiques.
Pour faire face à ce péril invisible, Félix Tshisekedi a réparti la riposte entre plusieurs ministères clés : Premièrement, Le ministre de la Poste et des Télécommunications est chargé de piloter, en étroite collaboration avec le ministre de l’Économie numérique, l’audit de sécurité du parc informatique public. L’objectif est triple : identifier les failles, appliquer des correctifs d’urgence et concevoir un protocole de réponse aux incidents. deuxiement, les ministères de l’Intérieur et de la Défense nationale ont reçu l’ordre de s’associer aux services de renseignement et de sécurité spécialisés pour cadenasser les systèmes d’information sensibles de leurs secteurs respectifs, et enfin, Le ministre des Finances, de concert avec la Banque centrale du Congo (BCC), devra sécuriser sans délai les plateformes de gestion des finances publiques, les systèmes de paiement nationaux et les infrastructures critiques du secteur financier.
Cet audit généralisé marque un tournant pour la RDC, engagée depuis plusieurs années dans une numérisation progressive de ses services. Cependant, à mesure que l’administration se digitalise, sa surface d’exposition aux menaces s’élargit. En mai dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) révélait déjà avoir déjoué plus de 8 000 cyberattaques.
Au-delà des barrières techniques, le président a insisté sur l’instauration d’une veille permanente. Une attention particulière sera également accordée au facteur humain à travers la formation et la sensibilisation des agents publics aux bonnes pratiques informatiques, afin de bloquer la porte aux intrusions qui exploitent trop souvent la négligence des utilisateurs.
JAMES KABWE



























































