Le porte-parole de la coalition LAMUKA et président du parti ADD Congo a été transféré, ce samedi 31 octobre, à la prison centrale de Makala. Son avocat dénonce une décision prise sans notification préalable à la défense, tandis que l’ECIDé y voit une atteinte au combat démocratique en République démocratique du Congo.
L’opposant politique Prince Epenge Wemakoko, président du parti politique ADD Congo et porte-parole de la coalition LAMUKA, a été transféré à la prison centrale de Makala, ce samedi 31 octobre, selon l’un de ses avocats, Clément Muza.
« Je confirme que Prince Epenge vient d’être transféré à Makala ce samedi, il y a trente minutes passées », a déclaré l’avocat, membre du collectif chargé de sa défense devant le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe.
Clément Muza dit regretter le refus du tribunal d’accorder la liberté provisoire à son client. Il dénonce également l’absence de notification préalable à la défense concernant son transfèrement vers la principale maison carcérale de Kinshasa.
« Nous n’avons pas été signifiés. On l’avait amené hier en chambre du conseil. Le tribunal ne lui a pas accordé la liberté provisoire. Et aujourd’hui, ils ont décidé de l’envoyer à Makala », a-t-il déploré.
L’avocat critique par ailleurs ce qu’il considère comme un traitement différencié entre les acteurs politiques en République démocratique du Congo. Sans nommer directement les personnes visées, il a opposé le sort réservé à son client à celui de certains acteurs qui, selon lui, appellent la population à prendre les armes tout en bénéficiant d’un traitement différent.
« C’est ça, la RDC. Mais nous allons nous battre pour sa liberté, et on va continuer à nous battre », a-t-il affirmé.
L’annonce du transfèrement de Prince Epenge a également suscité une réaction au sein de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), parti politique dirigé par Martin Fayulu.
Son secrétaire général, Devos Kitoko, considère cette décision judiciaire comme une « insulte au combat pour la démocratie en RDC ».
Dans une publication sur le réseau social X, il estime que cette affaire pourrait avoir des conséquences sur la perception de la justice et les moyens de revendication politique dans le pays.
« C’est un précédent grave qui risque de conforter l’idée que la prise des armes serait la seule voie pour se faire respecter », a-t-il écrit.
Pour rappel, Prince Epenge a été arrêté dimanche à l’aéroport international de N’djili, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol à destination de Rome, en Italie, où il devait participer au conclave de la C64.
Après son arrestation, son entourage avait d’abord signalé sa disparition, avant que son parti ne fasse état de sa localisation au Conseil national de cyberdéfense (CNC), où il aurait été auditionné.
L’opposant a ensuite été transféré au parquet près le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Il est notamment poursuivi pour propagation de faux bruits, dans le cadre d’une affaire liée à la mort de Manassé Lomboto, responsable de la sécurité d’ADD Congo.
Ce dernier a été tué lors de la marche de l’opposition organisée le 15 septembre dernier à Kinshasa.
Le transfèrement de Prince Epenge à Makala intervient ainsi dans un contexte de tensions politiques et de contestations autour du traitement judiciaire réservé aux acteurs de l’opposition. La défense annonce, pour sa part, son intention de poursuivre les démarches en vue d’obtenir sa remise en liberté.
HERVÉ KABWATILA




























































