Du champ politique à l’agora religieuse, le débat sur les réformes constitutionnelles prend une tournure de plus en plus pernicieuse.
À Kinshasa, plusieurs responsables religieux ont exprimé leur soutien au projet de changement de la Constitution en vigueur depuis 2006, porté par l’Union sacrée de la Nation, la famille politique du président Félix Tshisekedi.
Toutefois, à Lubumbashi, les déclarations d’un pasteur d’une « église chrétienne » ont déclenché une vive polémique.
Devant un parterre de fidèles, l’évêque autoproclamé de l’Église évangélique Véritable du Dieu Vivant / Assemblée centrale de Saint des Saints, Gaspard Mpoyi Wa Mpoyi, a tenu des propos assortis de menaces à l’encontre de ceux qui s’opposent à la réforme constitutionnelle.
Selon lui, tous les leaders religieux doivent aligner leurs positions sur la vision portée par l’Union sacrée et mobiliser en faveur du changement.
« Toutes les églises et assemblées, tous les leaders, tous les pasteurs doivent déclarer dans leurs assemblées que nous disons oui au changement de la Constitution. Et que celui qui s’y oppose soit maudit. Tu es Katangais, tu es Mubemba, tu es Mulamba, tu es Kasaïen… », a lancé l’orateur.
Dans la même vidéo virale, l’homme d’église promet également une « chasse aux sorcières » contre les opinions divergentes.
« Toi, Mukongo, qui t’opposes au changement de la Constitution, tu dois quitter la RDC ; ce pays n’appartient pas à ton grand-père. Et toi, Katangais, qui t’y opposes également, tu dois fuir et aller te cacher en Zambie. Car si nous apprenons que tu es contre ce changement, nous t’arrêterons, et rien ne pourra nous en empêcher », a-t-il déclaré.
L’orateur a, par ailleurs, s’en est pris à des personnalités politiques originaires de l’espace Kasaï qui s’opposent au projet de réforme.
« Car il y a parmi les Kasaïens des ignares qui n’ont pas de tête, comme Delly Sesanga et JM Kabund, dont leurs têtes sont déjà pourries », a-t-il ajouté.
Ces propos interviennent alors qu’au sein de plusieurs Églises, notamment membres de l’Église du Réveil au Congo (ERC) dirigée par l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia, des responsables ont affirmé publiquement leur soutien au changement de la Constitution actuelle.
D’après eux, le moment est venu de « faire table rase », la Constitution ayant, selon eux, été rédigée par des « belligérants » et ayant contribué à alimenter les dysfonctionnements connus par le pays.
« Tous les problèmes qu’a connus cette nation, surtout les dernières décennies, ont été favorisés par cette constitution. Nous voulons le changement de la constitution. Ayons le courage de faire table rase », a notamment déclaré Léopold Mutombo Kalombo, visionnaire du Ministère Amen.
Mont Carmel NDEO





























































