Le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, s’est exprimé contre l’organisation d’un référendum visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo.
Lors d’une interview accordée en marge du forum Africa Forward, tenu à Nairobi, le candidat à l’élection présidentielle de 2023 a affirmé que ce débat, initié par l’Union sacrée de la Nation et soutenu par le président Félix Tshisekedi, est « inacceptable ».
Selon le fondateur de la structure sanitaire Panzi, qui accompagne les femmes victimes de viols, si Félix Tshisekedi estime qu’« il n’y aura pas d’élections sans les Kivus », alors il ne devrait pas non plus être possible d’organiser un référendum sans l’avis des deux provinces.
Il rappelle en outre que leurs grandes villes et de larges pans de territoire de ce deux provinces de l’est du pays sont actuellement contrôlés par l’armée Rwandaise et ses supplétifs de l’AFC-M23.
« Le président Félix Tshisekedi dit qu’on ne peut pas faire les élections, puisqu’il y a deux provinces en guerre, le Nord et le Sud-Kivu. (…) Si on ne peut pas organiser d’élections pour cette raison, alors on ne peut pas non plus organiser de référendum pour modifier la Constitution, car il faudrait que ces deux provinces puissent également se prononcer », a déclaré Denis Mukwege.
Lors de sa conférence de presse du 6 mai, le président congolais a conditionné la tenue des élections de 2028 à la fin de la guerre dans l’Est du pays.
« Si nous ne parvenons pas à mettre fin à cette guerre, malheureusement, il ne sera pas possible d’organiser les élections en 2028. Comment est-ce qu’on va organiser des élections sans le Nord et le Sud-Kivu ? Les ressources sont là, on peut le faire, mais on ne va pas organiser des élections avec le couteau sous la gorge », a-t-il déclaré, en justifiant cette position par la situation sécuritaire, toujours marquée par les conflits armés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Félix Tshisekedi s’était par ailleurs prononcé en faveur de réformes constitutionnelles et d’un troisième mandat.
« Je n’ai pas demandé de troisième mandat, mais je vous le dis : si les gens veulent que j’aie un troisième mandat, j’accepterai », avait-il affirmé.
Mont Carmel NDEO




























































