Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (ESU-RSI) a condamné avec fermeté l’intervention du mouvement rebelle AFC/M23 dans la gestion de l’Université de Goma, dénonçant une atteinte grave au caractère apolitique de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié le 29 mai 2026, le ministère affirme que la rébellion a procédé au remplacement du comité de gestion de l’Université de Goma, une décision qu’il considère comme illégale et contraire aux textes régissant le secteur de l’enseignement supérieur.
Selon les informations relayées par l’AFC/M23, Jean-Baptiste Kakoma Sakatolo Zambeze a été désigné nouveau recteur de l’Université de Goma en remplacement du professeur Muhindo Mughanda. Plusieurs autres nominations ont également été annoncées au sein du comité de gestion de l’établissement.
Le professeur Richard Kabuyanga Kabuseba a été nommé secrétaire général académique, tandis que le professeur Nzabandora Ndimubanzi a été désigné secrétaire général chargé de la recherche. Le chef de travaux Butotima Safari a été nommé secrétaire général administratif et le chef de travaux Paluku Malisawa administrateur du budget.
Face à cette situation, le ministère de l’ESU-RSI a déclaré qu’il ne reconnaîtrait aucun acte posé par des personnes ne disposant pas de la qualité légale requise. Il a également averti que toute personne acceptant une nomination en violation des dispositions légales en vigueur s’exposerait à des sanctions administratives et disciplinaires au niveau national.
Le ministre de l’Enseignement supérieur a par ailleurs annoncé l’application de mesures disciplinaires rigoureuses contre tout agent du sous-secteur qui contribuerait à politiser l’enseignement supérieur ou à compromettre son fonctionnement normal. Ces sanctions pourraient concerner aussi bien des faits antérieurs que des actes présents ou futurs.
Dans la même dynamique, le ministère a demandé aux chefs d’établissements et aux organisations syndicales de signaler sans délai tout membre du personnel ou étudiant adoptant une attitude contraire aux lois et règlements qui encadrent le secteur. Le gouvernement affirme vouloir préserver les institutions universitaires de toute influence politique ou militaire afin de garantir aux étudiants un environnement propice à leur formation.
Le communiqué exprime également la solidarité du gouvernement envers les membres des corps académique et scientifique ainsi qu’envers le personnel administratif, technique et ouvrier œuvrant dans les zones affectées par le conflit. Le ministère a salué leur résilience malgré le contexte sécuritaire difficile et les a rassurés quant aux efforts entrepris pour rétablir l’autorité de l’État dans les territoires concernés.
Cette réaction intervient quelques jours après l’annonce par l’AFC/M23 de la révocation du recteur de l’Université de Goma, le professeur Muhindo Mughanda.
Dans un communiqué publié vendredi dernier, les responsables du mouvement rebelle avaient justifié cette décision par l’absence prolongée du recteur de la ville de Goma depuis la prise de contrôle de la cité par leurs forces, estimant que cette situation nuisait au bon fonctionnement de l’établissement.
L’AFC/M23 soutenait que sa décision s’appuyait sur les dispositions de la loi portant statut du personnel de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la Recherche scientifique. Une argumentation rejetée par le ministère congolais de l’ESU-RSI, qui considère l’ensemble des mesures prises comme nulles et non avenues.
Cette nouvelle controverse met en lumière les tensions persistantes entre les autorités congolaises et l’AFC/M23 dans les zones sous contrôle rebelle, où les questions liées à l’administration des institutions publiques demeurent au cœur des préoccupations.
HERVÉ KABWATILA





























































