Le président du parti politique Delly Sesanga a vivement critiqué le projet de changement de la Constitution porté par la majorité présidentielle, estimant que la Loi fondamentale ne peut être modifiée au gré des intérêts du camp au pouvoir.
Intervenant mardi 2 juin lors d’un Space Live, le leader du parti Envol a développé une argumentation à la fois juridique, historique et politique pour contester toute initiative visant à modifier la Constitution de 2006.
Selon lui, le Parlement issu des élections de 2023 ne dispose pas de la légitimité nécessaire pour agir en tant que pouvoir constituant originaire.
« Les députés ont reçu du peuple un mandat législatif consistant à élaborer des lois et à contrôler l’action du gouvernement, et non celui de remettre en cause la Constitution », a déclaré Delly Sesanga.
L’opposant a rappelé que la Constitution actuellement en vigueur est le résultat d’un large consensus national obtenu à l’issue du processus politique ayant permis de mettre fin aux conflits armés qui ont marqué le pays.
À ses yeux, ce texte fondateur transcende les majorités politiques du moment et ne saurait être modifié sur la seule volonté d’un camp politique.
Pour étayer sa position, Delly Sesanga est revenu sur les discussions qui avaient précédé l’adoption de la Constitution de 2006. Il a notamment évoqué une intervention parlementaire marquante de cette période, soulignant les risques qu’une remise en cause répétée des règles démocratiques ferait peser sur la stabilité institutionnelle du pays.
Au-delà des considérations juridiques, le président d’Envol estime que le débat autour d’une réforme constitutionnelle dissimule des enjeux liés à la gouvernance et à la reddition des comptes. Il a notamment cité les dépenses engagées dans le secteur de la sécurité nationale entre 2019 et 2025, qu’il évalue à 13,65 milliards de dollars américains.
Selon lui, des interrogations subsistent concernant les procédures de passation des marchés publics ainsi que l’utilisation de ces ressources financières.
Il considère que le respect de la Constitution constitue également une garantie essentielle pour le contrôle de l’action publique et la transparence dans la gestion des fonds de l’État.
Pour Delly Sesanga, la controverse actuelle dépasse la seule question d’un éventuel troisième mandat présidentiel. L’enjeu principal réside, selon lui, dans la préservation des mécanismes institutionnels de contrôle et dans le respect du principe selon lequel aucun responsable public ne doit se soustraire à l’autorité de la loi.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les discussions sur une éventuelle réforme constitutionnelle continuent d’animer le débat politique en République démocratique du Congo, opposant les partisans d’une révision du texte fondamental à ceux qui défendent le maintien de la Constitution adoptée en 2006.
HERVÉ KABWATILA




























































