Un nouveau différend oppose le pouvoir central à la province du Kongo-Central, révélant des tensions persistantes autour de la répartition des compétences en matière d’infrastructures et de gestion des recettes publiques. Dans une correspondance officielle datée du 4 mai 2026, dont une copie consultée par la rédaction de Foxtime.cd en ce jour, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, somme le gouverneur du Kongo-Central, Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, d’annuler « sans délai » un arrêté provincial controversé.
Au cœur de la controverse : le contrôle des recettes issues des postes de péage et de pesage sur la Route nationale numéro 1 (RN1), axe stratégique reliant Kinshasa à Matadi. Cette infrastructure est classée d’intérêt national, ce qui en confère la gestion exclusive au gouvernement central.
Dans sa lettre, le ministre dénonce une » dérive administrative inacceptable » et un » empiétement caractérisé » sur les prérogatives de l’État. L’arrêté en question, signé le 28 avril 2026 par l’autorité provinciale, prévoit la nomination de responsables locaux chargés de superviser la perception des recettes sur ce tronçon, une initiative jugée illégale par Kinshasa.
S’appuyant sur la Constitution ainsi que sur la législation relative à la décentralisation, le ministère rappelle que les routes d’intérêt national, de même que les revenus qui en découlent, relèvent exclusivement de la compétence du pouvoir central. Toute intervention provinciale dans ce domaine serait donc frappée de nullité pour excès de pouvoir. Le document évoque également le Code des investissements, soulignant que les concessions routières sont encadrées par des engagements contractuels en vigueur.
Au-delà de l’argumentaire juridique, les autorités centrales mettent en garde contre les conséquences économiques potentielles de cette initiative. Le ministre évoque notamment un risque de déséquilibre financier des concessions existantes, ainsi qu’un climat d’insécurité juridique susceptible de décourager les investisseurs, dans un contexte où les infrastructures routières constituent un levier essentiel de développement.
Face à ce qu’il qualifie de situation grave, le ministère exige des mesures immédiates. Le gouverneur du Kongo-Central est sommé d’abroger l’arrêté litigieux dans un délai de 48 heures, de faire cesser toute activité provinciale liée au péage sur la RN1, et de transmettre les preuves d’exécution aux autorités compétentes, notamment au parquet général près la Cour d’appel du Kongo-Central.
Cet épisode pourrait raviver le débat sur l’équilibre entre décentralisation et autorité de l’État en République démocratique du Congo, dans un contexte institutionnel où les frontières de compétence restent régulièrement contestées.
HERVÉ KABWATILA





























































