L’épidémie d’Ebola qui touche actuellement l’est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de progresser, alors que les organisations humanitaires alertent sur l’insuffisance des moyens déployés pour contenir la propagation du virus dans une région déjà fragilisée par l’insécurité alimentaire et le sous-financement du système sanitaire.
Selon le directeur général de Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l’issue d’une interview accordée à une radio française (RFI) ce mardi 26 mai 2026 , plus de 900 cas suspects et plus de 220 décès présumés ont été enregistrés à ce stade. Les autorités sanitaires indiquent que l’épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare qui aurait circulé pendant plusieurs semaines avant d’être identifiée.
D’après plusieurs experts de santé publique, les premières investigations s’étaient concentrées sur la souche Zaïre, historiquement la plus répandue dans les précédentes flambées enregistrées en RDC. Ce retard dans l’identification du variant aurait contribué à accélérer la transmission du virus dans plusieurs localités de la province de l’Ituri.
Sur le terrain, les agences humanitaires soulignent le lien étroit entre la crise sanitaire et la situation alimentaire précaire des populations affectées.
Les mesures de confinement imposées dans certaines zones touchées se heurtent aux difficultés quotidiennes des habitants à accéder à la nourriture.
« Certaines mesures sanitaires imposent le confinement des populations dans des zones spécifiques, mais sans assistance alimentaire, ces personnes ne resteront pas confinées », avertit Olivier Nkakudulu, chef du bureau de l’Ituri du Programme alimentaire mondial. « Elles partiront à la recherche de nourriture, notamment sur les marchés, au risque de contaminer d’autres personnes », ajoute-t-il.
Face à l’urgence, plusieurs agences humanitaires ont acheminé des tonnes d’aide vers Bunia afin de soutenir les trois principales zones affectées : Bunia, Rwampara et Mongbwalu. Toutefois, les opérations de riposte sont ralenties par la méfiance d’une partie de la population envers les autorités sanitaires et les intervenants internationaux.
Selon des sources humanitaires, deux des trois centres de traitement installés dans les zones touchées ont été incendiés par des habitants, compliquant davantage la prise en charge des malades et les efforts de sensibilisation communautaire.
À ces difficultés s’ajoute une crise de financement persistante. Le Programme alimentaire mondial fait état d’un déficit budgétaire estimé à 218 millions de dollars pour l’année en cours. Des spécialistes estiment également que les réductions de l’aide internationale décidées ces dernières années par certains pays donateurs, notamment les États-Unis, ont considérablement réduit les capacités de réponse sanitaire dans l’est congolais.
Les organisations non gouvernementales présentes dans la région dénoncent par ailleurs une pénurie critique d’équipements essentiels. Les stocks de combinaisons de protection, de visières, de kits de dépistage, de sacs mortuaires ainsi que du matériel destiné aux enterrements sécurisés demeurent insuffisants pour répondre à l’ampleur de l’épidémie.
Dans ce contexte, les acteurs de la santé publique craignent une aggravation rapide de la situation si les financements et l’assistance humanitaire ne sont pas renforcés dans les prochaines semaines.
HERVÉ KABWATILA





























































