Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter les discussions politiques, religieuses et citoyennes. Alors que certaines figures religieuses s’y opposent fermement, d’autres soutiennent ouvertement cette perspective. C’est le cas du prédicateur évangélique controversé Paul Mukendi, qui affirme que la Constitution congolaise sera modifiée et que le président Félix Tshisekedi restera au pouvoir au-delà de 2028.
Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux ce samedi 16 mai 2026, le pasteur a défendu l’idée d’une réforme constitutionnelle qu’il juge nécessaire pour le pays. Selon lui, la Constitution actuelle « ne représente pas les Congolais » et serait héritée de l’ancien régime de Joseph Kabila.
« Cette constitution sera changée. Ce n’est pas parce que tu es opposant que tu es plus congolais que nous autres. Nous sommes tous congolais », a déclaré Paul Mukendi.
Le prédicateur, connu pour ses prises de position politiques et spirituelles très tranchées, estime également que le chef de l’État bénéficie d’un mandat divin.
S’exprimant « comme un homme spirituel », il a affirmé que Dieu aurait choisi Félix Tshisekedi pour diriger durablement le pays.
« Tshisekedi n’est pas là pour quitter maintenant. C’est son temps. C’est Dieu qui donne le pouvoir », a-t-il soutenu.
Dans ses propos, Paul Mukendi va encore plus loin en affirmant qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle en 2028 et que Félix Tshisekedi restera président « pour très longtemps ». Une déclaration qui suscite déjà de vives réactions dans l’opinion publique et au sein de la classe politique.
Le pasteur a également salué les actions du président congolais, notamment sa posture vis-à-vis du Rwanda et de la crise sécuritaire dans l’est du pays.
« De récupérer le Congo, de chasser Kagame, et de refuser d’être sous tutelle du Rwanda », a-t-il affirmé pour justifier son soutien au chef de l’État.
Sur la question des divisions au sein des Églises de réveil concernant la réforme constitutionnelle, Paul Mukendi minimise les tensions. Selon lui, les responsables des Églises auraient déjà pris position en faveur du président de la République.
« L’Église soutient le président », a-t-il insisté, rejetant l’idée d’une fracture interne entre les hommes de Dieu.
Toutefois, ces déclarations interviennent dans un contexte politique particulièrement sensible en RDC, où la question d’une éventuelle révision constitutionnelle demeure un sujet explosif. Plusieurs acteurs de la société civile et de l’opposition craignent qu’une modification de la Constitution puisse ouvrir la voie à un prolongement du mandat présidentiel, tandis que les partisans du pouvoir évoquent la nécessité d’adapter certaines dispositions aux réalités actuelles du pays.
Personnalité influente mais controversée, Paul Mukendi s’était fait connaître au Canada avant de quitter le pays à la suite de démêlés judiciaires liés à une condamnation pour agressions sexuelles. Malgré cette controverse, il conserve une forte audience dans certains milieux évangéliques congolais.
Le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC reste donc au cœur des préoccupations nationales, à mesure que se rapprochent les échéances politiques des prochaines années.
HERVÉ KABWATILA




























































