L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un nouvel appel à la mobilisation internationale face à la progression inquiétante de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Alors que les autorités sanitaires font état de plus de 2 000 cas confirmés et de plus de 700 décès, l’agence onusienne estime que l’ampleur réelle de la crise pourrait être largement supérieure aux chiffres actuellement disponibles.
Lors d’un point de presse tenu mardi 14 juillet 2026 à Genève, le directeur du programme des urgences sanitaires de l’OMS, Chikwe Ihekweazu, a révélé que l’organisation n’avait reçu que 40 % des 115 millions de dollars nécessaires pour financer la riposte contre l’épidémie en RDC.
De retour d’une mission dans la province de l’Ituri, épicentre de la flambée épidémique, le responsable onusien a insisté sur la nécessité d’un soutien accru de la communauté internationale. Selon lui, les ressources mobilisées jusqu’à présent restent insuffisantes pour faire face à une crise sanitaire d’une telle ampleur.
« Nous ne devons pas laisser la République démocratique du Congo affronter seule cette crise. Son ampleur requiert des moyens à la hauteur du défi », a-t-il déclaré.
L’OMS s’inquiète également d’une possible sous-estimation du nombre réel de personnes infectées.D’après les analyses de l’organisation, le bilan pourrait être deux à quatre fois supérieur aux statistiques communiquées par les autorités sanitaires congolaises. Les données officielles recensent actuellement plus de 2 000 cas d’infection et plus de 719 décès liés au virus Ebola.
Toutefois, les difficultés d’accès à certaines zones affectées, les retards dans la détection des cas et les contraintes sécuritaires compliquent l’évaluation exacte de la situation sur le terrain. Selon l’OMS, cette flambée épidémique est désormais considérée comme la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée dans le monde et la plus rapide en termes de propagation.
Face à la progression du virus, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux renforcent les stratégies de lutte. Un premier essai clinique de prophylaxie post-exposition a été lancé mardi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
Cette approche vise à protéger les personnes ayant été exposées au virus afin de réduire les risques de contamination et de freiner la chaîne de transmission. Les résultats de cet essai pourraient constituer une avancée importante dans la réponse à l’épidémie.
Par ailleurs, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est attendu en République démocratique du Congo dans les prochains jours. Sa visite devrait permettre d’évaluer la situation sur le terrain, de renforcer la coordination avec les autorités congolaises et de plaider pour une mobilisation accrue des partenaires internationaux.
Depuis plusieurs mois, la RDC fait face à une recrudescence des cas d’Ebola dans plusieurs provinces de l’est du pays. Les équipes médicales poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge des malades et de sensibilisation des communautés, malgré des conditions souvent difficiles.
Alors que les besoins humanitaires et sanitaires continuent d’augmenter, l’appel de l’OMS souligne l’urgence d’un engagement financier et logistique plus important afin de contenir l’épidémie et d’éviter une aggravation de la situation dans la région.
HERVÉ KABWATILA



























































